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Articles récents

Nécropole narbonnaise

11 Octobre 2019 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Presse

Aux portes de Narbonne, route de Gruissan a été mise au jour une nécropole conservée dans un état exceptionnel, car elle est restée engluée dans du limon. Mille tombes ont été ainsi révélées sur le chantier de construction de logements. Selon les archéologues, ce site est du même intérêt historique que le port d'Ostie près de Rome, voire du site de Pompéi. Des sarcophages sont là, des coupes de libation, des restes humains, des végétaux, des inscriptions, par exemple A Festus, un gamin décédé à l'âge de 10 ans. Mais il semblerait que cette nécropole fût consacrée à une population de condition modeste, alors même qu'il doit exister une nécropole réservée aux castes aisées. La chasse au trésor est ainsi ouverte à Narbonne, qui fut, on le rappelle la capitale romaine de la province narbonnaise. Il est à noter de surcroît, que plus de 6 millions d'euros ont été débloquées par les institutions décentralisées pour la poursuite des fouilles engagées par l'Inrap.

Le Monde, Science et médecine, 9 octobre 2019

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L'avare

7 Octobre 2019 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Théâtre

Aujourd'hui, maladie psychiatrique reconnue, Molière à la suite d'une pièce de Plaute intitulée La marmite nous entraîne, à l'instar de La Bruyère et de ses Caractères, dans le monde mortifère des fesse-mathieux. Harpagon aime une jeune femme sans dot, mais aussi sa cassette, veut marier sa fille Elise qui refuse un barbon qu'il lui impose : "Mais a-t-on jamais vu un père marier sa fille de la sorte" où l'on sent poindre là tout ce que la condition féminine doit encore gagner. Il rudoie son personnel, La Flèche qu'il croit le voler : "Montre-moi tes mains". La Flèche les lui montre et Harpagon lui demande : "Les autres". Il maltraite son intendant Valère qui aime la fille d'Harpagon Marianne. Bref il est un personnage odieux, tyrannique, inquiétant mais Molière sait traiter la vis comica, car Harpagon arrive à nous faire rire bien malgré lui. Goethe écrit au  sujet de cette pièce: " Entre toutes les pièces de Molière, l'Avare, dans lequel le vice détruit toute la piété qui unit le père et le fils, a une grandeur extraordinaire et est, à un haut degré tragique." Je pense aussi que ce point de vue sur la pièce se distingue également dans le monologue d'Harpagon à l'acte 4, scène VII quand il découvre que sa chère cassette lui a été dérobée.

Molière, L'avare.

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Georges Duby

7 Octobre 2019 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Presse

La Pleiade fait entrer le grand médiéviste Georges Duby dans son catalogue d'éditions. L'auteur de L'An mil publié en 1967 est reconnu pour ses écrits relatifs aux mentalités et à une vision scientifique de cette discipline. ce qui lui vaudra une reconnaissance internationale de ses pairs et du public.

Le Monde, Le monde des livres, 27 septembre 2019

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La dynamique du capitalisme

3 Octobre 2019 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Essais

Fernand Braudel dans une série de trois conférences, tente de définir et d'expliquer l'apparition et les mécanismes du capitalisme par la conception très simple de l'économie-monde qui présente une structure particulière : autour d'un centre accumulant richesses, pouvoir, savoir se distinguent des zones concentriques et périphériques qui au fur et à mesure de leur éloignement sont de moins en moins riches. Mutatis mutandis, il présente les grands négociants, banquiers, politiques, suivis des marchands et enfin les économies de subsistance. Le capitalisme est donc le point central de ce système qui comme un soleil fait graviter autour de lui des planètes de plus en plus froides.

Fernand Braudel, La dynamique du capitalisme, éd. Champs Flammarion, 121 p. 7,00 €

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Mille ans de langue française Tome 1

23 Septembre 2019 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Histoire

Ce livre aux contours techniques se parcourt néanmoins aisément, car les auteurs ont su utiliser un français clair, riche et plaisant. Ce premier tome décrit les rapports conflictuels, interdépendants entre la langue orale, volatile, réservée au menu peuple et à ses métiers, diverse selon les régions (sept groupes de langues sont répertoriés  sur le sol français) et la langue écrite qui fige, une langue réservée aux élites, clercs et juristes.  On découvre la lecture à voix haute dès les premiers textes publiés par les copistes, puis par les premières imprimeries et à l'heure où François Busnel met en oeuvre un concours de lecture à voix haute pour les lycéens et collégiens, je ne peux m'empêcher de penser à un retour cyclique.

Alain Rey, Frédéric Duval, Gilles Siouffi, Mille ans de langue française, histoire d'une passion, éd Tempus, 667 p., 12€00     

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Gaston Lagaffe

5 Septembre 2019 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #BD

C'est avec un grand plaisir que durant cet été j'ai relu quelques albums de Gaston. Cette oeuvre de Franquin, modèle de synthèse et d'efficacité parvient à faire rire aux éclats grâce à un dessin truculent, un scénario efficace et des dialogues ciselées. Gaston Lagaffe, symbole de l'éloge de l'indolence, de la poésie au travail, de l'anarchiste institutionnel fait plaisir aux  grands et aux petits, mais invite souvent à nous questionner sur le sens de la vie.

Franquin, Gaston Lagaffe.

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Le fil d'Ariane est perdu

30 Juillet 2019 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Presse

L'Arianna de Claudio Monteverdi a disparu, en ayant pour conséquence que seulement quatre de ses opéras sur dix sont encore disponibles. Le magazine du Monde propose un très bel article sur ce chef-d'oeuvre dont il ne reste que le Lamento d'Ariane considéré par les puristes comme un joyau, les faisant ainsi fantasmer sur le reste de cette oeuvre de deux heures trente. L'Arianna fut créé à Mantoue le 28 mai 1608, malgré une pression due à un rythme d'écriture effréné exigé par les commanditaires ; Monteverdi compose lentement, car c'est sa nature, de plus deux drames le brisent : le décès de sa tendre épouse et celui de la cantatrice principale emportée par la variole. Monteverdi dira lui-même : "L'Arianna m'inspire une juste plainte". Les premiers spectateurs ont affirmé que l'opéra était très beau, ce que confirma son concurrent musicien Gagliano. Dès lors l'ouvrage confine au mythe et marque les débuts de l'opéra, initiée par la création de l'Orfeo. Monteverdi devient l'acteur du passage de la musique de la Renaissance à la musique baroque, car sa musique dépeint les mots comme si on mettait les sentiments à nu (Roger Tellart).

Pour les historiens, la perte de la partition n'est pas surprenante, car les manuscrits sont fragiles, s'effacent, les copies qui étaient trop chères à réaliser sont inexistantes, de plus Mantoue est pillée en 1630 par l'empereur Ferdinand III ; la bibliothèque du duché est brûlée. Nous ne possédons que le Lamento, car Monteverdi en avait réalisé plusieurs versions publiées pour différents styles : une pour l'Eglise en particulier. Les musicologues considèrent que l'Arianna est le chaînon manquant au regard des dernières œuvres de Monteverdi. L'espoir est toujours grand de retrouver une copie dans le grenier d'un palais, dans le fond d'un tiroir d'une grande bibliothèque, et si c'était le cas, en priant que le reste de l'oeuvre soit à l'aune du Lamento.

Le Magazine, n°410, le 27 juillet 2019

 

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Les précieuses ridicules

29 Juillet 2019 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Théâtre

Une récente émission de Stéphane Bern consacrée à Madame de Sévigné, son salon, son langage précieux, sa correspondance fine et éclairée m'a donné l'envie de relire Les précieuses ridicules de Molière que j'avais vu jouer à Pézenas, il y a quelques années. Cette pièce en un acte jouée à la suite de difficultés financières rencontrées par Molière écorne la préciosité qui fit des ravages dans la France du XVIIe siècle sur les âmes simples se targuant d'esprit, alors même que leurs pensées étaient d'un vide abyssal et faisant de la langue usitée un sabir loufoque. C'est une comédie de mœurs, une farce qui raille les travers d'une époque qui furent aussi des sujets largement développés par La Bruyère dans Les caractères. C'est une farce, car les deux précieuses ridicules sont dupées par leurs amants rebutés qui feront passer leurs laquais (les nécessaires) pour des gens de qualité, qui comme le dit l'un deux savent tout sans avoir jamais rien appris. Des figures de style sont devenues populaires comme voiturez-nous ici les commodités de la conversation, ou donnez-moi le conseiller des grâces. Mais je voudrais retenir comme une leçon de vie une des dernières paroles de Mascarille, le faux marquis joué par le laquais de La Grange : "je vois bien qu'on n'aime ici que la vaine apparence, et qu'on n'y considère point la vertu toute nue."

Molière, Les précieuses ridicules, pièce en un acte, 1659.

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L'énigme du temps : vers une philosophie du sablier

29 Juillet 2019 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Essais

L'auteur nous propose de réfléchir sur cette énigme et les questions kantiennes posées sur le d'où venons-nous et où allons-nous ? nous permettant ainsi de méditer sur la place de l'homme dans l'univers. Dès les débuts de l'humanité, les hommes ont observé avec justesse et précision le rôle cyclique du temps qui passe, leur permettant ainsi, dans une optique pragmatique de cadencer la vie dans la cité et de prévoir avec justesse le retour des moissons (la civilisation égyptienne et l'observation du retour de Sirius sur l'horizon en est une illustration parfaite). Il s'agissait donc de rentabiliser les effets du temps. Mais la conscience universelle a permis chez l'homme de découper le temps en trois phases que sont le passé, le présent et le futur et c'est à partir de là que l'angoisse intérieure est apparue, en particulier celle de la mort qui est la seule vraie finitude de tous les hommes. Seulement des sages parviennent à dépasser ces troubles en privilégiant l'instant en train d'être vécu, source de joie et de créativité. D'autres appréhendent le temps initiatique, celui qui fait mourir le vieil homme, qui fait renaître la conscience et qui permet d'oublier les démons intérieurs.

Laurence Vanin, L'énigme du temps, éd. Detrad, 209 p. 15,00 €

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Les 100 romans

9 Juillet 2019 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Presse

Le Monde a publié fin juin un inventaire de romans à lire impérativement; bien sûr en l'état la subjectivité est assumée car le choix est soumis à une censure impérative et à un besoin d'enthousiasme pour le livre. On y trouve les classiques des années 40, des années 50 comme Mauriac, Gracq, Greene, Bonjour tristesse de Sagan. Les années 60 consacrent Le maître et Marguerite de Boulgakov, livre éminemment politique où le diable débarque à Moscou dans les années 30. Les années 70 voient apparaître L'archipel du goulag de Soljenitsyne, les années 80 consacrent Le nom de la rose d'Eco, L'amant de Duras. Houellebecq déboule en 98 avec Les particules élémentaires, une analyse terrible de la libido. Les bienveillantes en 2000. En 2013 paraît Le chardonneret de Donna Tartt qui obtient les faveurs des critiques. "La beauté d'une liste, c'est sa puissance d'affirmation" selon Tiphaine Samoyault.

Le Monde,  Les 100 romans du Monde.

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