thrillers
Garovirus

Une image astérixienne du COVID. Méfions-nous de lui, il est peut-être ce qui préfigure la théorie des collapsologues.
Uderzo-Goscinny, Astérix chez les Helvètes. (Le gouverneur Garovirus.)
Le chenal
"Aimes-tu?" Après la nouvelle Le singe, cette fois-ci il s'agit d'une nouvelle poignante de Stephen KIng publiée en 1985, où la métaphore de la mort appréhendée comme une bénédiction ou comme une malédiction est omniprésente. "Aimes-tu?", qui veut nous rappeler que nous devons aimer nos morts qui nous aiment et qui chantent dans le vent ( la traduction de la nouvelle en allemand est Le chant de la mort ), et où la métaphore du voyage nous rappelle que la mort est au bout du chemin. Mais ce qui est frappant chez KIng est cette faculté à nous révéler que le fantastique côtoie la réalité, sans ponts, sans hiatus, sans autre évidence que tout est possible : Stella Flanders, vieille dame vivant sur un île dans le Maine le sait, et vivra cette expérience jusqu'à sa mort, en laissant bien malgré elle un indice aux survivants qui étayera la thèse que les morts sont bienparmi nous.
Stephen KIng, Le chenal, éd Librio, 31 p, 2€
Le singe

Lors d'un week-end passé à Toulouse et alors que la neige tombait abondamment, nous avons trouvé posé sur le trottoir un sac de provisions rempli de livres destinés à la benne ! On ne jette pas les livres. Nous avons partagé avec mes amis ce lot tombé du ciel et j'ai hérité d'une pile de romans édités chez Librio. J'ai commencé ma moisson par une nouvelle écrite par Stephen KIng en 1980 et intitulée Le singe. Ce singe, ce jouet muni de cymbales annonce la mort dès qu'il joue et ce jouet ne peut être détruit, car il revient tout aussi facilement depuis l'enfance du héros jusqu'à son âge adulte. Petite nouvelle percutante en quelque sorte qui emprunte quelques traits à certaines nouvelles de Lovecraft ou de Poe.
Stephen KIng, Le singe, éd Librio, 64 p, 2 €
L'ultime secret du Christ

Il s'agit d'un thriller théologique qu'on ne lâche pas facilement, même si l'intrigue paraît linéaire et convenue, agrémentée de coups de théâtre assez conventionnels.
En revanche, l'intérêt de ce roman réside dans l'analyse critique de la Bible et des Evangiles et vous lirez notamment une vérité qui doit servir de modèle pour toute réflexion scientifique ou non : " seules la recherche, la science et la connaissance peuvent conduire à la croyance et non l'ignorance, les dogmes et la négation des doutes. La croyance ne peut être aveugle ; elle doit être informée. Les gens qui croient sans garanties, ne sont que des simples d'esprit crédules et superstitieux. La croyance n'est valable que si elle repose sur le savoir"
Cette évidence rejoint en tout ou partie ce que M Comte-Sponville énonce avec une lumineuse sincérité dans son propos sur la spiritualité de la laïcité.
José Rodrigues Dos Santos, L'ultime secret du Christ, éd Pocket,567 p, 8,40 €.
Inferno

Dan Brown travaille ses romans comme un artisan qui tente de présenter sa plus belle production à ses clients: vraisemblance des situations, cours d'histoire, présentation des lieux, personnages bien campés.
L'Enfer de Dante Alighieri sert de trame à ce polar scientifique, centré sur le monde de la génétique, matière qui fascine et qui inquiète. Robert Langdon, le symbologue cher à l'auteur, est en possession d'un message codé imaginé par un génie de la génétique. Il comprend vite que notre monde est en danger. Ce roman, fertile en rebondissements tient en haleine l'auteur et même si la fin est un peu convenue, le lecteur adhère à cette histoire qui évoque un des malheurs terrifiants de notre monde : la surpopulation.
Dan Brown, Inferno, éd JC Lattès, 22,90 €
Fleur de tonnerre

Eros et Thanatos en Basse-Bretagne. Hélène, jolie jeune fille illettré, sauvage, inculte, mais non dénuée d'humour noir entreprend de régler leur compte à des personnes, non pas par vengeance, par cupidité, ou par jalousie, mais bien parce qu'elle se croit investie d'une mission donnée par l'Ankou, personnification de la mort à la faux retournée. Dans cette Bretagne du milieu du XIXe siècle, habitée par les superstitions, le folklore celtique, Alain Teulé nous livre le portrait d'une tueuse en série qui donne une explication qui lui appartient et qui renvoie aux poubelles de l'Histoire la théorie phrénologique du tueur-né; "Je ne disculpe, ni n'accuse, j'explique... Les peurs de mes parents m'ont tellement fait peur! Ils m'ont donné leur peur et le sol a vacillé... Quand les parents sont tétanisés par une peur, ils ne protègent pas..."
Editions JULLIARD 20€
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