Don Giovanni
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A l'occasion d'une émission de J.-F. Zyegel sur les ouvertures d'opéras célèbres de Mozart, j'ai réécouté l'opéra en totalité. Huit personnages principaux composent le livret : cinq hommes et trois femmes. Que constate-t-on ? Don Giovanni est un intigrant calculateur, un pervers narcissique. Leporello, son valet, un complice veule et sans envergure. Masetto, le paysan, futur époux de Zerlina est naïf et balourd. Don Ottavio est un amoureux transi, aveuglé par sa tendresse envers Donna Anna. Le seul homme, digne d'intérêt est le Commandeur, mais il vit aux enfers. En revanche, les héroïnes ont plus d'épaisseur. Donna Anna, la fille du Commandeur est farouche et sans pitié pour Don Giovanni. Donna Elvira, l'épouse délaissée de Don Giovanni pleure un amour déçu, mais ne se fait aucune illusion sur son mari. Zerlina, la jeune paysanne à qui Don Giovanni promet le mariage, n'est pas dupe de ses intentions et a en elle une finesse toute féminine. Mettre en avant les femmes est une particularité toute mozartienne. Un féministe avant l'heure ?
Mozart, Don Giovanni, opéra en deux actes, première le 29 octobre 1787, Vienne.
L'échiquier
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Jean-Philippe Toussaint, fils d'un grand journaliste belge et d'une mère lituanienne, d'origine noble polonaise a décidé, pendant le confinement d'écrire une autobiographie tout en retenue, divisée en 64 chapitres comme le nombre de cases du jeu d'échecs dont il est un joueur de très bon niveau. Son père, contre lequel il jouait décida un beau jour de ne plus affronter son fils, car symboliquement il voulait s'en détacher, mais plus prosaïquemet il sentait en son fils un grand spécialiste. Il lui dit:" J'aimerais que mon fils devienne écricain." Ce qu'il fit, puisqu'un mois plus tard il commença à rédiger ses premiers feuillets. Il prit donc sa permission. Que nous dit-il dans cet ouvrage? Il considère la vie comme une immense partie d'échecs, avec sa fin inéluctale : le mat du Roi. Il nous conte avec finesse ses relations avec ses parents, sa rencontre avec sa femme Madeleine, avec Kortchnoï, Youssoupov, GMI des échecs, et surtout son amitié indéfectible avec Gilles Andruet, MI, champion de France des échecs, jusqu'à sa mort brutale, assassiné crapuleusement près de Paris.
Jean-Philippe Toussaint, L'échiquier, éd. Les éditions de minuit, 230 p., 9,90 €
La France en danger
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Quelles furent les conséquences du désastre de Pavie ? Louise de Savoie, la mère de François Ier reçoit la nouvelle du désastre quatre jours après. La cour a peur, l'élite des armées est décimée, le roi est prisonnier. La France est encerclée par les Anglais, les Espagnols, les Allemands, mais comme souvent en cas d'alliance, les alliés ne s'entendent pas : Charles Quint se méfie d'Henri VIII. Les armées victorieuses ne sont pas payées, le Turc menace l'Europe orientale. Alors Charles Quint réclame tout simplement la Bourgogne, François Ier refuse, mais Louise de Savoie, une femme de tête, agit efficacement, signe une paix séparée avec Henri VIII, consolide les frontières, lève de nouveaux impôts, se rapproche de Venise mais aussi de l'empire ottoman. Elle et son gouvernement jouent avec le temps et attendent que la France aille mieux, ce qui est le cas. Seul écueil : François Ier est détenu en Espagne. Pourtant il cède et accorde la Bourgogne à Charles Quint. François rentre en France et déchire cet accord au grand dam de Charles Quint. Alors que reste-t-il de ce désastre ? Une haute noblesse française décimée, un roi parjure et une nouvelle diplomatie qu'on pourrait qualifier de Realpolitik. Enfin les rêves d'héroïsme chevaleresques ne sont plus qu'un lointain souvenir.
Le désastre de Pavie. 1525.
Le désastre de Pavie
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Les rois de France guerroient depuis 20 ans en Italie. Nous sommes en 1525. Les Français ont perdu Naples, Le futur Charles Quint fait tout son possible pour les chasser de l'Italie du Nord. Les Espagnols menacent le royaume de France au Sud, les Anglais se font pressants sur la Manche au Nord, à l'Est et au Nord les Impériaux menacent. Et un grand maelstrom s'enroule autour des Français. François Ier résiste, repousse le traître connétable de Bourbon, mais au lieu de rester sur les positions acquises, et écoutant les mauvais conseils de Bonnivet, et écoutant son obsession de reprendre Milan, il repasse les Alpes, reprend Milan et laisse un contingent des Impériaux dans la fort château urbain. Il décide de régler cette campagne devant Pavie. Pavie affamée, est à cours de munitions, de vivres, et d'argent pour la solde. Le capitaine espagnol tient bon, en fidèle lieutenant de Charles Quint. Francois Ier fait tirer l'artillerie, jugée la meilleure du monde, les assauts des fantassins sont repoussés plusieurs fois. Rien n'y fait. François Ier insiste, épuise ses troupes dans le froid et sous la pluie. Il convient de nourrir également les 20000 à 30000 hommes. Pavie résiste sous une discipline de fer. Les renforts impériaux arrivent ( 25000 hommes) et campent derrière les Français qui se trouvent à leur tour assiégés. Mais l'artillerie française cause des dégâts atroces sur l'avant-garde impériale, la cavalerie lourde charge et remporte cette première escarmouche. Mais coup de théâtre : 1000 arquebusiers espagnols embusqués tirent sur les Français et l'hécatombe commence : les assiégés de Milan sortent et aucun prisonnier ne sera fait, les lansquenets prennent l'artillerie, les fuyards se noient. 10000 morts. François Ier est fait prisonnier. Pourquoi ce désastre ? François Ier n'a proposé aucune stratégie, malgré la meilleure armée du monde, il s'est coupé de son artillerie trop lourde. Cette victoire des Impériaux réside certainement dans une artillerie mobile, rapide, les arquebusiers allemands et espagnols ont mis fin en ce jour du 24 février 1525 à la chevalerie. Il y a 500 ans.
La bataille de Pavie, 24 février 1525
La cinquième saison
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Bref roman d'Erik Orsenna. Ecrit au coin d'une table, dans l'urgence comme une urgence à se réveiller devant l'effroi d'une Nature qui meurt. Le temps s'est arrêté. A Venise un paquebot immonde haut comme une tour de la Défense défie Venise. Alors Vivaldi, Da Ponte ressuscitent pour écrire une partition commune afin de réconcilier les éléments, la Terre, l'Eau, le Feu, le Vent, pour se réconcilier avec la Forêt dévastée par les constructions vénitiennes montées sur pilotis, des millions d'arbres abattus. Ce roman est un Pardon demandé à la Nature que l'Homme viole sans vergogne, avec la satisfaction de la mettre à sa botte. Une Ode à notre chère Terre qui meurt de chaud, de faim, de soif.
Erik Orsenna, La cinquième saison, éd Robert Laffont, 156 p., 18,90 €
L'alimentation en eau du canal du Midi
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Chef-d'oeuvre d'ingénierie hydraulique, le canal du Midi, qui traverse notre belle Ocitanie de Toulouse à Sète, est né d'un esprit éclairé du XVIIe siècle, Pierre-Paul Riquet. M. Albanel nous convie à découvrir les différentes voies d'eau qui alimentent le canal depuis la montagne Noire, mais aussi depuis deux décennies depuis les Pyrénées grâce à deux barrages construits pour subvenir aux besoins toujours grandissants en approvisionnement en eau. Cet ouvrage est agrémenté, outre ces détails techniques instructifs, de cartes postales anciennes et de photos récentes qui illustrent avec soin et plaisir les propos de l'auteur.
Jacques Albarel, L'alimentation en eau du canal du Midi, éd. Anne-Marie Denis, 89 p., 20 €
Regain
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Jean Giono décrit dans ce texte écrit dans un français délicieux, la solitude des hommes et la désertification des campagnes, notamment dans sa Provence aimée. Ce texte est plus qu'une ode à la nature, c'est une ode à l'humanité, à ces hommes et femmes qui coûte que coûte font vivre le coeur battant de la vie naturelle. Après le dernier homme établi dans le villlage d'Aubignane, arrive la femme, puis le blé, puis un deuxième couple avec deux enfants, et enfin un enfant à naître. Giono témoigne ici de son intérêt pour le mythe de la refondation.
Jean Giono, Regain.
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