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Germinal

20 Décembre 2017 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Grands auteurs

Zola, chantre du roman naturaliste, dépeint inévitablement la condition des mineurs du XIXe siècle de manière réaliste, vraisemblable, tragique. Etienne Lantier, symboliquement, est le témoin de cette vie misérable, il est celui qui va créer cet ouragan de révolte, ce tourbillon de haine, cette équipée sauvage, et qui mettra en exergue le monde des ouvriers opposé absolu de celui des bourgeois. Etienne, profane de ce milieu va être initié par Bonnemort le vieux, le sage et par Maheu qui est le héraut du sujet, mais aussi le véritable héros de ce roman. Si je devais qualifier ce texte d'une couleur, ce serait le rouge où prédominent, l'instinct de survie des mineurs, la fureur destructrice des femmes, leur héroïsme pendant la grève interminable, le sang versé dans la mine, la mort sacrificielle de Maigrat tué par les femmes, le désir sexuel de deux rivaux politiques que sont Etienne et Chaval pour Catherine la pure adolescente, la révolution prônée par Bakounine et revendiquée par Souvarine, la tare héréditaire de Lantier (il est le fils de Gervaise, personnage principal de L'Assommoir) qui le conduit au meurtre et enfin le feu destructeur et purificateur provoqué dans les fosses. Etienne est le passant, celui qui voit, qui apprend, qui écoute, qui professe la culture politique des masses ouvrières pour que ces premiers germes de révolte fécondent la terre et apportent la justice sociale face aux bourgeois inactifs et aux détenteurs du grand capital du Second Empire.

Emile Zola, Germinal, éd KIndle

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Contes à mi-voix

11 Décembre 2017 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Chroniques

Jean-Pierre Chabrol, écrivain au grand cœur, commence sa chronique par son enfance à l'école, la plume Sergent-Major en main. J'ai pensé curieusement à ma grand-mère qui lors du premier pas de l'homme sur la lune avait saisi le grand bond de l'Histoire, elle qui étant enfant s'éclairait dans son village de l'Hérault avec une lampe à pétrole. J'ai pensé aussi à moi qui ai connu mes premières pages d'écriture à la plume Sergent-Major, ce qui étonne ma fille encore aujourd'hui. Cependant Chabrol va plus loin et narre certes des nouvelles nostalgiques, mais aussi drôles ou poignantes. C'est du Pagnol sur les terres protestantes cévenoles.

Jean-Pierre Chabrol, Contes à mi-voix, La soupe de la mamée, éd Librio,93 p

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Apprendre à finir

6 Décembre 2017 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Romans

"On ne sait pas avec qui on vit ". Cette réflexion de l'héroïne résume l'histoire ordinaire d'un couple très ordinaire qui voit le mari paralysé à la suite d'un très grave accident de voiture. L'épouse falote, soumise et qui s'occupe de ce mari grabataire, mais possessif, infidèle, indigne, estime que cette malédiction est pour elle une bénédiction, car elle a le secret espoir dans la rédemption de son mari. Cette chronique de Laurent Mauvignier exploite les misères morales et physiques de ce couple où se côtoient la hargne, le dégoût, les silences, les lâchetés, les trahisons, les démissions, les velléités, l'incompréhension morbide dans le couple, peut-être dans tous les couples, jusqu'au constat inéluctable de l'échec, où chacun ne devient plus pour l'autre qu'un bibelot. Apprendre à finir pour ne plus jamais avoir à recommencer.

Laurent Mauvignier, Apprendre à finir, éd de Minuit, 127 p, 9,91 €

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Le chenal

5 Décembre 2017 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Thrillers

"Aimes-tu?" Après la nouvelle Le singe, cette fois-ci il s'agit d'une nouvelle poignante de Stephen KIng publiée en 1985, où la métaphore de la mort appréhendée comme une bénédiction ou comme une malédiction est omniprésente. "Aimes-tu?", qui veut nous rappeler que nous devons aimer nos morts qui nous aiment et qui chantent dans le vent ( la traduction de la nouvelle en allemand est Le chant de la mort ), et où la métaphore du voyage nous rappelle que la mort est au bout du chemin. Mais ce qui est frappant chez KIng est cette faculté à nous révéler que le fantastique côtoie la réalité, sans ponts, sans hiatus, sans autre évidence que tout est possible : Stella Flanders, vieille dame vivant sur un île dans le Maine le sait, et vivra cette expérience jusqu'à sa mort, en laissant bien malgré elle un indice aux survivants qui étayera la thèse que les morts sont bienparmi nous. 

Stephen KIng, Le chenal, éd Librio, 31 p, 2€

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Le singe

4 Décembre 2017 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Thrillers

Lors d'un week-end passé à Toulouse et alors que la neige tombait abondamment, nous avons trouvé posé sur le trottoir un sac de provisions rempli de livres destinés à la benne ! On ne jette pas les livres. Nous avons partagé avec mes amis ce lot tombé du ciel et j'ai hérité d'une pile de romans édités chez Librio. J'ai commencé ma moisson par une nouvelle écrite par Stephen KIng en 1980 et intitulée Le singe. Ce singe, ce jouet muni de cymbales annonce la mort dès qu'il joue et ce jouet ne peut être détruit, car il revient tout aussi facilement depuis l'enfance du héros jusqu'à son âge adulte. Petite nouvelle percutante en quelque sorte qui emprunte quelques traits à certaines nouvelles de Lovecraft ou de Poe.

Stephen KIng, Le singe, éd Librio, 64 p, 2 €

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