La vespasienne

Dans le Paris occupé, une vespasienne devient le lieu de rencontres ou de croisée de chemins de gestapistes, d'officiers allemands, de résistants, de soupeurs, d'invertis. Paul-Jean Lafarge, directeur d'une revue littéraire, féru de poésie, lui-même soupeur, mais aussi peu enclin à l'action, veule, et sans opinion politique, sinon celle du plus fort, observe de sa fenêtre ce ballet étrange et décide de se rendre dans cet édicule où il découvre un revolver et deux chargeurs. Pris dans un engrenage qu'il ne contrôle pas, manipulé par son entourage, il sera emporté contre son gré dans les tourments de son époque.
Sébastien Rutès, La vespasienne, éd Albin Michel, 216 p, 17 €
Boréal

Voulez-vous connaître les conséquences du crash le 21 janvier 1968, d'un B-52 des forces aériennes américaines chargée de quatre bombes H sur Thulé au Groenland ? Alors, lisez le roman de Sonja Delzongle pour en savoir plus. On peut affirmer que c'est un thriller écologique, extrêmement bien documenté scientifiquement, qui fait froid dans le dos, qui n'a pas peur de casser les codes moraux et qui rappelle la toute-puissance de la nature.
Sonja Delzongle, Boréal,éd Denoël, 445 p, 20,50 €
Astérix et le chaudron


Une bien belle métaphore sur l'évasion fiscale et l'art de faire payer ses impôts par autrui. Moralelastix - au nom prédestiné - confie le produit des impôts de son village à Abraracourcix, chef bien connu de notre village insoumis qui demande à Astérix d'en assurer la garde. Malheureusement au petit matin, le chaudron est vidé de son contenu, ce qui contraint le conseil à bannir Astérix. Obélix le suit et tous deux essaieront par différents moyens de payer la dette, en faisant du commerce, du pugilat, du théâtre - grand moment d'écriture -, en s'essayant au braquage d'une banque. Contraints de revenir au village et après avoir croisé la route du collecteur d'impôts de César, ils s'apercevront que malgré l'adage, l'argent a bien une odeur.
Goscinny, Uderzo, Astérix et le chaudron, éd Dargaud, 48 p, 9,95 €
Astérix aux Jeux olympiques

Alors si l'on voit les Gaulois râler et chercher constamment des justifications sur les mauvais résultats de leurs athlètes, cet album n'est rien d'autre qu'une interrogation sur l'usage des produits dopants dans le sport. Je constate que dès 1968 l'émotion était déjà à son comble et je pense en particulier à la mort de Tom Simpson sur les pentes du mont Ventoux en 1967. C'est également un album qui met en exergue la notion de nation quand les Gaulois affirment qu'ils sont romains puisque César a conquis la Gaule. Un bel album truffé de trouvailles : le calembour sur Le Pirée, les cousinages multiples des Grecs.
Goscinny, Uderzo, Astérix aux Jeux olympiques, éd Dargaud, 48 p , 9,90 €
Le bouclier arverne

Le fil rouge de cet album est le bouclier ayant appartenu à Vercingétorix et que César veut récupérer pour humilier définitivement les Gaulois - car il ne l'a plus dans son butin, sans commentaire dira César - pour faire un triomphe à Gergovie, mais la Gaule n'est pas soumise. Le scénario est bien conçu, les caractéristiques de la région et de ses habitants sont mis en exergue : les commerçants vendent du charbon et du vin, un clin d’œil est fait à Michelin et à la ville de Clermont-Ferrand. Bien sûr, le coup de théâtre désignant le dernier propriétaire du bouclier à la fin de l'album surprend agréablement et procure un surcroît d'intérêt à l'histoire.
Goscinny, Uderzo, Le bouclier arverne, éd Dargaud, 48 p, 9,90 €
Rouge garance
1914-1919. La vie d'une famille de Vinassan, petit village de l'Aude près de Narbonne, pendant l'internement de leur fils instituteur dans des camps de prisonniers en Allemagne. La faim, la soif, l'attente, les camarades, les représailles de geôliers, les colis, les lettres unique fil rouge avec les familles. Simone Tort conte avec beaucoup d'émotion la vie de son grand-père parti en 1914 au front et revenu au village en 1919. Un joli livre témoignage sur ce conflit absurde entre deux grandes nations européennes.
Simone Tort-Dubois, Rouge garance, 171 p, 20 €
Astérix légionnaire

Pour satisfaire à Falbala, Astérix et Obélix s'engagent dans la légion de César afin de retrouver Tragicomix le promis de Falbala. C'est un album qui tourne autour de l'amour, car Obélix et Astérix tomberont sous le charme de la jolie Gauloise. C'est l'occasion également de rencontrer de futurs légionnaires issus de différents pays, Belgique, Grande Bretagne, Grèce, Egypte, Germanie. J'ai noté quelques traits d'humour en particulier celui-ci : quand les futurs engagés arrivent à Marseille sous la direction du centurion Hotelterminus qui est sale et mal rasé, le soldat en faction lui demande de se présenter propre afin d'éviter un savon.
Goscinny, Uderzo, Astérix légionnaire, éd Dargaud, 48 p, 9,90 €
Astérix et les Normands

Cet album publié en 1969 consacre en quelque sorte l'invasion des Normands bien avant celle de Guillaume le Conquérant. C'est l'occasion pour les auteurs de jouer sur le mœurs, expressions et coutumes des Normands d'aujourd'hui, mais aussi celle de ne pas prendre ici les dictons au pied de la lettre, comme la peur donne des ailles. A noter la sentence de Panoramix : " le vrai courage c'est de savoir dominer sa peur".
Goscinny, Uderzo, Astérix et les Normands, éd Dargaud, 48 p, 9,90 €
Le sacré et le profane

Dans cet essai, Mircea Eliade prend le parti de poser le postulat que le sacré s'oppose au profane et que cette distinction radicale s'applique à l'homo religiosus et à l'homme areligieux et en conséquence aux univers des sociétés primitives et de nos sociétés modernes. Le sacré, dès l'aube de l'humanité a imprégné l'homme qui en contemplant la voûte céleste a compris que les dieux avaient créé l'univers. Dès lors, il a s'agi pour l'homo religiosius de s'élever et de toucher au firmament en recréant l'espace sacré et en sacralisant le monde qui l'entourait, par exemple dans la construction des habitations, le poteau central possédait une fonction magique, ineffable, puisque l'arbre originel était ainsi recréé. Les mythes étaient ainsi nés, le temps devint sacré, car cet homme religieux comprit la boucle du temps, son cycle perpétuel, le rôle de la lune et du soleil devenant primordial. Le cosmos devint ainsi sacré, la vie un cycle fait de naissance, de mort et de renaissance. Dans l'initiation, le symbolisme de la mort côtoie inévitablement la Mort qui n'est qu'une partie de la vie, et cette mort signifie le dépassement de la condition profane. Le mystère de l'initiation découvre peu à peu les vraies conditions de l'existence et oblige le profane à quitter ses vêtements de vieil homme et d'assumer sa responsabilité d'homme. Mircea Eliade dénonce dans cet ouvrage l'homme moderne, areligieux, qui dénonce le sacré, les mythes, mais qui dans son existence de tous les jours ne fait que redécouvrir une partie du sacré dans certains actes de la vie profane ; une nouvelle maison, le mariage, un nouveau métier. En fait, c'est grâce aux symboles que l'homme sort de sa situation particulière, étriquée, et s'ouvre vers le général et l'universel. Les symboles ont pour but d'éveiller l'expérience individuelle, de la transmuer en acte spirituel et de saisir la métaphysique du Monde.
Mircea Eliade, Le sacré et le profane, éd Folio, 185 p, 6,60 €
Astérix chez les Bretons

Dans le prolongement de l'album précédent qui fait état de la résistance à des forces d'occupation, et contrairement à 1940, la Bretagne est envahie par les troupes de César et il appartient à Astérix et Obélix d’aider nos cousins insulaires en leur livrant une arme secrète, un tonneau de potion magique. A lire pour découvrir les Beatles, la Tour de Londres, un match de rugby digne du Top 14 et surtout la dernière vignette qui révèle le succès de la mission d'Astérix.
Goscinny, Uderzo, Astérix chez les Bretons, éd Dargaud, 48 p, 9,95 €
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