romans
On l'appelait Bennie Diamond
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Michaël Dichter nous entraîne dans le monde feutré des diamantaires hollandais, ses salles d'achat et de revente où toutes les négociations sont soumises à des rituels codifiés et au respect de la parole donnée. C'est ce monde que va côtoyer Bennie Goodman, peu enclin à venir prier à la synagogue et qui va entrer comme apprenti dans un atelier de taille de diamants. Ses progrès seront fulgurants, mais le patriarche Yéhuda veille, a fait fortune dans le commerce du diamant, mais ne veut pas entendre parler de son fils Moshé et de son petit-fils Bennie. Mais Bennie est tenace, doué en affaires, malheureusement peu apprécié par ses confrères. Dès ce moment une sourde lutte sera engagée pour le faire vaciller, mais Bennie est intelligent, réactif et peu influençable.
Michaël Dichter, On l'appelait Bennie Diamond, éd. Editions les Léonides, 399 p., 21,90 €
Lettre d'une inconnue
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Un texte admirable célébrant un amour infini, passionné, celui d'une femme éperdument amoureuse d'un homme depuis l'enfance, sans rien attendre de lui en retour, mais sa lettre poignante, déchirante qu'elle lui adresse vous brise le coeur en mille morceaux. Voilà comment Stefan Zweig a su décrire le sentiment amoureux avec justesse, précision et fougue. Texte court, mais limpide, puissant qui ne laisse pas indifférent et qui en dit plus sur la passion destructrice que toutes les théories psychiatriques ou psychanalytiques.
Stefan Zweig, Lettre d'une inconnue, éd. Folio classique, 79 p., 2 €.
La cinquième saison
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Bref roman d'Erik Orsenna. Ecrit au coin d'une table, dans l'urgence comme une urgence à se réveiller devant l'effroi d'une Nature qui meurt. Le temps s'est arrêté. A Venise un paquebot immonde haut comme une tour de la Défense défie Venise. Alors Vivaldi, Da Ponte ressuscitent pour écrire une partition commune afin de réconcilier les éléments, la Terre, l'Eau, le Feu, le Vent, pour se réconcilier avec la Forêt dévastée par les constructions vénitiennes montées sur pilotis, des millions d'arbres abattus. Ce roman est un Pardon demandé à la Nature que l'Homme viole sans vergogne, avec la satisfaction de la mettre à sa botte. Une Ode à notre chère Terre qui meurt de chaud, de faim, de soif.
Erik Orsenna, La cinquième saison, éd Robert Laffont, 156 p., 18,90 €
La femme qui ne vieilissait pas
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Quand le mythe de l'éternelle jeunesse devient une malédiction.
Grégoire Delacourt, La femme qui ne vieillissait pas, éd. Le livre de poche, 220 p., 7,40 €
La vie heureuse
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Comment renaître en vivant sa propre mort. David Foenkinos répond à la question avec ce texte fondamentalement optimiste qui est finalement une ode à la vie.
David Foenkinos, La vie heureuse, éd. NRF, 205 p., 19 €
Le Grand Monde
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Pierre Lemaitre ne lâche pas l'affaire qui l'avait rendu célèbre grâce à la trilogie de Au revoir là-haut, sauf que dans ce roman il s'attaque avec acuité aux Trente Glorieuses qui en fait n'ont pas été toujours aussi glorieuses que cela, notamment au sortir de la Seconde Guerre mondiale. Avec un sens du détail très vif, il nous plonge dans Beyrouth, Saïgon et Paris avec l'acuité du journaliste auprès de la famille Pelletier, dont le père a fait fortune dans la savonnerie. Les quatre enfants vont mener des chemins, différents, sombres par moment, mais on sent que l'auteur jubile car grâce à un procédé littéraire connu, il nous connectera sans heurts dans la première trilogie écrite dès 2013, avec à la clé le prix Goncourt.
Pierre Lemaitre, Le Grand Monde, éd. Calmann Lévy, 587 p., 22,90 €
Salina
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Laurent Gaudé entraîne le lecteur dans un conte africain ayant pour thèmes l'exil ou plutôt l'ostracisme, avec pour toile de fond la vengeance d'une mère aux trois fils et donc une mère soumise aux trois exils. La plume de l'écrivain est toujours aussi flamboyante, chaude, onirique, mystérieuse, symbolique.
Laurent Gaudé, Salina, éd. Babel,149 p., 6,90 €
Crénom, Baudelaire
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Scabreux, mais lumineux. Jean Teulé met en relief le génie de Baudelaire, un diamant expurgé de la fange et de l'ignominie, grâce à un style rabelaisien, halluciné, jusqu'aux dernières pages quand la mère de Baudelaire ouvre un exemplaire des Fleurs du Mal spécialement "dédicacé" par son fils. Crénom !
Jean Teulé, Crénom, Baudelaire!, éd. Mialet Barrault, 427 p. , 21 €
L'anomalie
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Le prix Goncourt 2020 a été décerné à un auteur, épris de sciences, scientifique lui-même, lui permettant de flirter avec la S.F. avec beaucoup de discernement et cette part de fantastique qui nous fait rêver, même si dans son roman il s'agirait plus exactement d'un cauchemar. Le roman peut être divisé en deux parties avec un climax les séparant et une conclusion terrifiante. L'auteur nous donne à réfléchir essentiellement sur notre identité, nos regrets, nos remords et la vérité inscrite en chacun de nous. Un très bon roman, mais un peu répétitif dans la deuxième partie, justifiée certainement par la duplication des personnages.
Hervé Le Tellier, L'anomalie, éd Gallimard, 332 p., 20 €
La peste

Depuis que nous vivons un confinement institutionnel, lire ou relire La peste de Camus me semble oeuvre salutaire, car même si ce roman peut se lire sous différentes strates, notamment comme une métaphore de la dictature, il n'en reste pas moins qu'il nous invite à réfléchir sur la condition humaine face au fléau de quelque nature qu'il soit. Cette condition humaine peut se résumer en un triptyque : l'amour que nous devons porter au genre humain, la souffrance de soi, de celle des autres et l'exil. Camus nous dit que l'ignorance c'est aussi la solitude et que tout fléau ne disparaît jamais, il dort, prompt à se réveiller et à réveiller les rats.
Albert Camus, La peste, éd Kindle
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