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Les prophètes du mensonge

A notre époque d'épidémie psychique, de fake news, de mensonges, de contre-vérités politiques, de menteurs professionnels placés au sommet de beaucoup d'Etats, des populismes invertébrés, cet extrait paru dans Le Monde semble expliquer en partie la mécanique implacable du ralliement des masses à la folie pathologique de quelques-uns.
"Les thèmes de l'agitateur sont des versions déformées de problèmes sociaux réels. Lorsqu'il conseille de se détacher de tous les systèmes de croyance en vigueur, il profite d'une tendance contemporaine à douter de l'adéquation ou de l'efficacité des valeurs occidentales. Lorsqu'il tire parti de l'anxiété et des peurs de ses auditeurs, il joue sur des angoisses et des peurs réelles, ancrées dans une situation vraiment anxiogène... Lorsqu’il les exhorte à s'en remettre à lui, il profite à la fois de leur révolte contre les contraintes de la civilisation et de leur désir d'un nouveau symbole d'autorité. Ce qu'ils disent à voix basse, les pensées secrètes qu'ils s'avouent à peine à eux-mêmes deviennent les thèmes que l'agitation politique porte bien haut."
Norbert GUTERMAN, Leo LÖWENTHAL, Les prophètes du mensonge, éd; KIndle, 13,99 €
Notre-Dame de Paris

Témoignage des compagnons bâtisseurs, monument de la pensée chrétienne, fleuron de l'architecture gothique, emblème de Paris, une destination touristique de la France.
Une langue, une énigme

Trois écritures minoennes ont traversé l'histoire de Crète : la première est hiéroglyphique, puis viennent le linéaire A et le linéaire B. Ce fut une tâche ardue de décrypter le linéaire B, ce que fit l'architecte Michael Ventris, s'appuyant sur des travaux d'Alice Kober. Il en a conclu que le linéaire B était une forme archaïque du grec ancien, arrivant ainsi à affirmer que Homère n'était plus le premier auteur à se servir du grec. Les déchiffreurs se sont appuyés pour cela sur plus de 5000 tablettes en argile gravées par des préposés qui, avec un stylet comptabilisaient l'entrée et les sorties de marchandises. Des taxes étaient appliquées et nombre de ces percepteurs étaient des femmes, ce qui avance l'idée de la position sociale très favorable des femmes puisqu'on les retrouve propriétaires, prêtresses, parfumeuses, tisserandes...
En revanche, l'écriture hiéroglyphique et le linéaire A posent énormément de problèmes de décryptage, car les documents exhumés sont rares, alors le rêve pour la communauté scientifique serait de découvrir une "pierre de Rosette" pour traduire aisément le passage d'un texte à un autre. La seule certitude reposerait sur le fait que le linéaire B se présenterait comme une sorte d'adaptation du linéaire A, destinée à noter le grec mycénien.
Le Monde, Science et Médecine, 14 avril 2019
La Crète et les Minoens

Le Monde a publié le 10 avril 2019 un article passionnant sur la civilisation de Minos. Nous apprenons que cette civilisation reste mystérieuse, même si de nombreuses campagnes de fouilles sur l'île de Crète ont mis au jour un monde raffiné, tourné vers la vie et non dans la compassion de la Mort telle que la pratiquait à la même période la civilisation des Pharaons. Les origines des Minoens semblent être issues d'Anatolie dès la période néolithique et avant l'âge du bronze. D'autres chercheurs n'hésitent pas à remonter plus loin, entre 45000 et 11000 ans avant notre ère. Au fil du temps, les Minoens ont construit des palais somptueux dont le plus célèbre reste celui de Cnossos, - qui serait le symbole du labyrinthe du Minotaure -, ce qui revient inévitablement à se poser la question de l'organisation politique et sociale des Crétois. Il semble que la notion de royaume, ou plutôt de cités autogérées, ne tienne pas au vu des palais découverts et qu'il est certain qu'aucune sépulture de prince ou de roi a été découverte, les Crétois pratiquant le rite des sépultures collectives. Les palais construits selon des plans très habiles sont disposés de manière à laisser entrer les rayons du soleil à son lever et à illuminer le trône au solstice d'hiver. Plusieurs artefacts montrent l'épiphanie d'une déesse descendant du ciel sur un trône, personnage principal de la religion minoenne qui prévoyait des banquets rituels pour réunir les communautés et prévenir les scissions claniques. Bien évidemment, la femme avait un statut de premier plan, à égalité avec les hommes, et il n'est nullement question de soumission de la femme dans les diverses représentations découvertes.
Les routes minoennes sont de deux ordres, des routes pour la circulation des marchandises et des routes express pour les montures et les piétons qui allant de cité en cité ne rencontraient aucun palais fortifié. D'autres communications se faisaient par allumage de bûchers au sommet de buttes tronquées pour envoyer des messages la nuit et par gestes le jour.
Malheureusement de violents séismes ont secoué l'île, des reconstructions ont suivi, mais l'explosion du volcan de Santorin ( vers - 1650, - 1620 ), suivi d'un tsunami a précipité cette civilisation au début d'un effondrement qui est venu ensuite de l'intérieur, avec un lent processus de désintégration sociale, économique et religieuse entraînant des conflits internes, une forme d'anarchie que les Mycéniens eurent aucun mal à combattre et à soumettre en introduisant leur système politique hiérarchisé et leurs dieux de l'Olympe.
Le Monde, Science et Médecine, édition du 10 avril 2019
Au bonheur des fautes

Muriel Gilbert, correctrice au Monde, nous fait part de sa vie de correctrice, ses débuts au journal, sa névrose d'un français pur, sa quête maladive presque mystique de la faute. Son propos est cependant teinté d'un humour de potache, et pour moi qui suis aussi correcteur, j'ai trouvé beaucoup de points communs avec l'auteure - ou autrice ?- Le chapitre qu'elle dédie à la ponctuation possède une face romantique assez forte, mais pour nous qui vivons des fautes des auteurs que nous devons respecter, voire admirer, ce livre aurait pu s'intituler Oh, le bonheur des fautes !
Muriel Gilbert, Au bonheur des fautes, éd Vuibert, 251 p,
Nous sommes Charlie

Le Livre de Poche a pris l'heureuse initiative de demander à des intellectuels, des journalistes, écrivains de rédiger chacun un article sur la liberté d'expression, et de reprendre des textes d'auteurs classiques. Soixante textes composent l'ouvrage. Au-delà de la qualité certaine de ces personnes, je dois reconnaître que seul le texte de Voltaire publié dans le Traité sur l'intolérance en 1763 a retenu mon attention. Je cite : "Le droit humain ne peut être fondé en aucun cas que sur ce droit de nature; et le grand principe est, dans toute la terre : 'Ne fais pas ce que tu ne voudrais pas qu'on te fît'. Or on ne voit pas comment, un homme, suivant ce principe, pourrait dire à un autre : 'Crois ce que je crois, et ce que tu ne peux croire, ou tu périras'... On se contente à présent, dans quelques autres pays de dire : 'Crois ou je t'abhorre ; crois, ou je te ferai tout le mal que je pourrai ; monstre, tu n'as pas ma religion, tu n'as donc point de religion : il faut que tu sois en horreur à tes voisins, à ta ville, à ta province'...Le droit de l'intolérance est donc absurde et barbare : c'est le droit des tigres, et il est bien horrible, car les tigres ne déchirent que pour manger, et nous nous sommes exterminés pour des paragraphes."
Tout est dit.
60 écrivains unis pour la liberté d'expression, Nous sommes Charlie, éd Le livre de poche, 5 €
Pour ne pas oublier

Pour ne pas oublier.
Je suis Charlie

Le 7 janvier 2015 sera notre 11 septembre de la liberté d'expression.
Choisir un titre
Le Monde des livres a publié récemment un article sur le choix du titre du roman qu'on désire publier. En effet un titre accrocheur a un fort impact sur le chaland et impulse le désir d'acheter ou non le roman proposé. Selon une étude américaine portant sur 700 titres des dernières cinquante années et ayant explosé les records des ventes, les titres présentent trois points communs : "Ils sont plus métaphoriques qu'explicites, le premier mot est souvent un pronom, un verbe, un adjectif ou une formule de salutation et leur structure grammaticale est caractérisée par un nom assorti d'un complément, d'un pronom possessif ou d'une épithète."
Quand j'ai cherché un titre pour mon roman, j'avais pensé immédiatement à : " Le marteau et le sautereau ". Certes, les amateurs d'organologie des instruments auraient apprécié l'idée de comparer les mécaniques des pianos et des clavecins. Mais une amie et elle se reconnaîtra, m'avait interdit d'utiliser une telle idée, car elle la jugeait à juste titre, et c'est le cas de le dire, invendable. J'ai admis sans contestation son jugement et je ne le regrette absolument pas.
Il n'existait en effet aucune empathie avec un public de lecteurs difficile, car en définitive, je me faisais plaisir et je ne tenais aucun compte de ses rêves en réduisant mon roman à une espèce de traité des instruments de musique.
Mais l'alchimie est plus mystérieuse qu'il n'y paraît, car comment expliquer les ventes phénoménales de Da Vinci Code qui ne correspond en rien aux trois caractéristiques citées plus haut.
Chefs-d'oeuvre en péril
La Grèce se meurt. La Grèce tue son budget de la culture sur l'autel sacré de la finance internationale qui ne raisonne qu'à court terme et qui mettra forcément cette nation multiséculaire à terre. Socrate, Solon, Aristote n'ont qu'à bien se tenir. Des ignares corrompus par l'argent qui salit tout vaincront.
Des collections ont été récemment volées dans un musée athénien, faute de gardiens pour surveiller. Des trésors mycéniens ont disparu et se trouveront tôt ou tard dans des collections privées, privées de toute morale.
Les musées ferment à 15 heures et bien évidemment plus rien n'est entretenu. Bref, tout part à vau-l'eau. Un terrain vague culturel s'ouvre devant nos yeux embués. La sortie de la Grèce de la zone euro devient inéluctable, alors si vous désirez acheter le Parthenon pour en faire un parc d'attractions avec manèges, barbe à papa et tir aux pigeons, c'est le moment de vous mettre sur les rangs.
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