presse
Paul Morand
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Le Monde des livres consacre un papier sur le pétainiste pressé que fut Paul Morand et sa participation dans une zone grise sous le gouvernement de Vichy. Voilà un homme profondément antisémite, collaborateur, sans état d'âme, qui a écrit ses mémoires sur cette période. Mais ce qui est hallucinant fut son élection à l'Académie française en 1968. Cela paraît incompréhensible, mais cet homme qui ne fut pas de bonnes mœurs est devenu un Immortel. Tournons vite la page.
Paul Morand, Le Monde, Le Monde des livres, éd. du 6 novembre 2020
Gondioque
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Je voudrais me faire l'écho d'un article paru dans le Monde le dimanche 25 octobre sur la vie et la mort des prénoms que nous donnons à nos chers bambins. Baptiste Coulmont est professeur de sociologie à l'ENS et a publié un livre sur la sociologie des prénoms.
Vers 517, Gondioque épouse Clodomir, un des fils de Clovis, premier roi franc. A partir de ce fait historique, l'auteur nous donne une liste improbable de prénoms qui tournent comme dans un bal, mais qui pour la plupart ont disparu, sauf ceux récupérés par l'Eglise, quand il s'est agi de canoniser quelques doctes personnes comme Clotilde ou Mathilde. Voici quelques prénoms à consonance saxonne : Clodeswinthe, Gondebaud, Gothard, Ragnetrude, Waldetlude. Tous ces prénoms se sont évanouis au profit de Marie, de Jean, mais quid demain? Serait-il possible que ces prénoms reviennent à la mode et que les Kevin, Matéo, Timéo disparaissent. Il est possible que tout soit aussi affaire d'oreille pour les parents.
Baptiste Coulmont, Sociologie des prénoms, éd. La Découverte
Le bonheur, sa dent douce à la mort
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Derrière ce titre tiré d'un vers de Rimbaud se cache l’autobiographie douce et amère de Barbara Cassin que j'ai découverte dans l'émission La grande librairie diffusée sur France 5. Le Monde des Livres dans sa une, consacre un article élogieux sur la philosophe et philologue, qui non content de maîtriser et d'aimer le grec ancien, déploie un livre drôle, touchant, sensible. Elle évoque sa prof de philo, autoritaire et cassante qui lui a permis de construire son itinéraire, elle évoque Lacan, René Char, son mari emporté par un cancer, ses enfants. Elle proclame que parfois il faut s'arrêter pour ouvrir tout le champ des possibles. Alors arrêtons-nous pour découvrir ce que certains considèrent comme un des plus beaux livres de la rentrée littéraire.
Le Monde, Le Monde des livres, édition du 18 septembre 2020
M. L'enfant du siècle
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Le Monde des Livres consacre sa une à l'irrésistible ascension de Mussolini en portant à notre connaissance le livre d'Antonio Scurati, primé par le prix Strega. A l'heure où on entend que tout compte fait, l'Italie fasciste a fait de bonnes choses, c'est non, définitivement non, car les libertés individuelles ou collectives les plus élémentaires ont été écrasées par les massues ferrées des Chemises noires. Mussolini a su profiter des divisions des libéraux et de la gauche progressiste, avec opportunisme et par intérêt, en pratiquant un gangstérisme effrayant, entraînant de fait son pays dans le sang, le chaos et la ruine.
Le Monde, Le Monde des Livres, 4 septembre 2020
La peste d'Athènes

Le Monde des livres consacre une série d'articles sur les philosophes et leurs réactions devant les épidémies. Le premier article concerne Socrate qui vécut la peste d'Athènes en 430 av. J.-C. Cette épidémie arrivée en été décima la cité construite sans égout, cité où des maisons étroites abritent environ 200000 personnes. La peste venue d'Afrique aurait tué des dizaines de milliers de citadins. Mais Socrate ne quitte pas la ville, fait front, et pieds nus engage malgré ce, et comme à son habitude la conversation avec les quidams. On sait très peu de choses de lui si ce n'est son comportement étrange, capable de rester des heures sans bouger. Il est digne, égal à lui-même, serein devant ce désordre créé par le fléau. Il est difficile d'imaginer la puissance de concentration et d'abnégation de cet homme qui pose des questions, interroge sans cesse, il est une espèce de lanceur d'alerte. Il est envisageable aujourd'hui d'établir un parallèle avec la crise du COVID, lieu de rendez-vous de l'amour, de la mort et des croyances magiques.
Le Monde, Le Monde des livres, 17 juillet 2020
Post-confinement et lecture

Le Monde a demandé à 40 personnalités d'exprimer leur choix sur le livre à lire pour dépasser ce que nous avons vécu et peut-être aussi pour rêver un autre monde, pour apporter une nouvelle respiration. Bref pour changer le monde, le langage, les échanges justement. Il apparaît que les choix sont divers et que des grands textes de la littérature, comme La divine comédie, Voyager en Italie de Stendhal, Les nourritures terrestres de Gide, Candide de Voltaire, des textes plus récents et aussi moins consensuels apparaissent, notamment un texte de Catherine Deneuve, ce qui prouve s'il en est, que la littérature est bien affaire de sentiments personnels, d'émotions propres et non de quelconque diktat de la pensée, l’essentiel étant dans une forme d'acceptation de son ressenti devant un texte.
Le Monde, Le Monde des livres, 15 mai 2020
Interview Pierre Lemaitre

Dans le Monde des livres paru le 9 janvier 2020, Pierre Lemaitre considère que son roman est politique lorsqu'il évoque le discours du personnage Désiré Migault à la page 377, cet usurpateur à l'intelligence hors norme qui prend la parole au sujet des étrangers partis sur les routes devant l'avance terrifiante des troupes allemandes. Cette épreuve a révélé pour lui les instincts les plus bas, les égoïsmes mais chez d'autres qui ont vu la lumière elle a révélé la solidarité, l'amour d'autrui. Il faut donc choisir son camp et être ensemble devant les épreuves. Pour l'auteur, ce que nos aïeux ont vécu en 1940 se manifeste aujourd'hui dans le fait que l'humanité n'est non plus guidée par des valeurs, mais par les peurs et les terreurs.
Le Monde, Le Monde des livres, 9 janvier 2020
Ismes, ables

Guillaume Malaurie publie dans Historia de mars 2020 une chronique consacrée à la bataille des "ismes" et des "ables". Les "ismes" évoquent les dogmes, les doctrines, les idolâtries, les régimes de la philosophie politique ou l'art et la manière d'adhérer à un système au risque de se confronter à une exclusion plus ou moins sévère. Quant aux "ables" de nature plus douce, plus équilibrée, ils évoquent le potentiel ou le possible. J'aimerais ajouter les "if" qui semblent pour leur part suggérer l'attente, la rébellion mais aussi la soumission.
Historia, La chronique, mars 2020
La liberté de conscience

Au moment où l'on parle du droit de blasphème et de son interdiction totale, Le Monde des Livres a interrogé Dominique Avon, historien, qui rappelle les origines historiques de cette liberté si précieuse inscrite dans La Déclaration universelle des droits de l'homme et rappelle de ce fait que cette liberté relève de l'intimité de chacun et qu'elle ne peut donc être violée par quiconque, comme le soulignait déjà Jean de Barbeyrac, juriste protestant mort en 1744. Cette liberté est issue dès l'origine de la liberté de culte, et il considère que le procès de Socrate n'est rien de moins que la manifestation de son expression la plus entière, cependant cette liberté est surtout le corollaire de l'apparition de l'idée d'individu dès la Renaissance, car elle est personnelle, inaliénable, et ce au grand dam de toutes les hérésies de religieux insanes qui considèrent l'athéisme comme une offense à la stabilité des sociétés.
Le Monde, Le Monde des livres, 7 février 2020
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