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La laïcité perçue comme un enjeu de paix civile

Le Monde des livres publie une interview de Jean-François Colosimo, directeur des éditions du Cerf, qui rappelle une évidence : la laïcité n'a pas de jugement à apporter sur la qualité des croyances, dès lors qu'elles sont compatibles avec les règles de l'Etat, qui en contrepartie assure la neutralité, et en allant plus loin affirme la neutralité des agents de l'Etat ainsi que des élus, ce qu'il faudrait rappeler à certains édiles qui exposent des crèches dans les Maisons communes. Monsieur Colosimo, fils d'immigrés, est convaincu qu'être français, c'est la manière dont être français nous permet de sortir de nous-mêmes, ce qu'il considère comme un miracle. La laïcité est pour la France ce qu'elle a à dire au monde, ce qu'elle tient comme universel et ce qu'elle considère comme étant un des piliers du mieux-vivre ensemble, ce que les Espagnols évoquent quand ils parlent de conviviencia, terme difficilement traduisible en français. En conclusion, il affirme qu'il croit en la donation et non en la détestation.
Le Monde, Le Monde des livres, 20 décembre 2019
La cuve de Clovis

Le Monde des livres a rappelé une série de livres consacrée aux journées qui ont fait la France et notamment le baptême de Clovis habituellement situé le 25 décembre 496. Bruno Dumézil ouvre les hostilités en considérant que cette date est fantaisiste et préfère celle du 24 décembre 505, donc après son mariage et la naissance de ses deux enfants, mais surtout après sa victoire contre les Alamans. En effet aucun témoin de son temps n'a révélé cet événement, seuls des commentateurs lointains - Grégoire de Tours - dans le temps ou dans l'espace l'ont évoqué. Alors ce baptême a-t-il fait la France? La réponse est clairement négative, car l'idée même de la France ne pouvait exister au VIe siècle puisque des nations barbares et diverses occupaient le territoire. Autrement dit, le fier Sicambre n'est en rien un Français. Cette aporie scientifique a de nos jours suscité deux versions antagonistes : la France fille aînée de l'Eglise s'oppose à l'idée que la République ne doit rien à Clovis.
Le Monde, Le Monde des livres, 29 novembre 2019
Tolkien, le démiurge

La BNF consacre une exposition à l'auteur du Seigneur des anneaux et à son univers féerique et littéraire. Son monde créé à partir du prisme de la science apporte des éclairages sur la biologie, la science des métaux, les capacités physiques et physiologiques des elfes, la schizoïdie de Gollum, mais il est évident que nous devons laisser le monde imaginé par Tolkien sans y apporter notre rationalité, car Tolkien était un philologue émérite qui savait pertinemment jusqu'où aller dans sa construction littéraire. La journaliste scientifique Cécile Lebreton considère que son oeuvre est fantasmagorique sans être déraisonnable et c'est bien de sa cohérence et de sa logique qu'elle tire sa puissance évocatrice.
Le Monde, Le Monde des livres, 25 octobre 2019
Nécropole narbonnaise

Aux portes de Narbonne, route de Gruissan a été mise au jour une nécropole conservée dans un état exceptionnel, car elle est restée engluée dans du limon. Mille tombes ont été ainsi révélées sur le chantier de construction de logements. Selon les archéologues, ce site est du même intérêt historique que le port d'Ostie près de Rome, voire du site de Pompéi. Des sarcophages sont là, des coupes de libation, des restes humains, des végétaux, des inscriptions, par exemple A Festus, un gamin décédé à l'âge de 10 ans. Mais il semblerait que cette nécropole fût consacrée à une population de condition modeste, alors même qu'il doit exister une nécropole réservée aux castes aisées. La chasse au trésor est ainsi ouverte à Narbonne, qui fut, on le rappelle la capitale romaine de la province narbonnaise. Il est à noter de surcroît, que plus de 6 millions d'euros ont été débloquées par les institutions décentralisées pour la poursuite des fouilles engagées par l'Inrap.
Le Monde, Science et médecine, 9 octobre 2019
Georges Duby

La Pleiade fait entrer le grand médiéviste Georges Duby dans son catalogue d'éditions. L'auteur de L'An mil publié en 1967 est reconnu pour ses écrits relatifs aux mentalités et à une vision scientifique de cette discipline. ce qui lui vaudra une reconnaissance internationale de ses pairs et du public.
Le Monde, Le monde des livres, 27 septembre 2019
Le fil d'Ariane est perdu

L'Arianna de Claudio Monteverdi a disparu, en ayant pour conséquence que seulement quatre de ses opéras sur dix sont encore disponibles. Le magazine du Monde propose un très bel article sur ce chef-d'oeuvre dont il ne reste que le Lamento d'Ariane considéré par les puristes comme un joyau, les faisant ainsi fantasmer sur le reste de cette oeuvre de deux heures trente. L'Arianna fut créé à Mantoue le 28 mai 1608, malgré une pression due à un rythme d'écriture effréné exigé par les commanditaires ; Monteverdi compose lentement, car c'est sa nature, de plus deux drames le brisent : le décès de sa tendre épouse et celui de la cantatrice principale emportée par la variole. Monteverdi dira lui-même : "L'Arianna m'inspire une juste plainte". Les premiers spectateurs ont affirmé que l'opéra était très beau, ce que confirma son concurrent musicien Gagliano. Dès lors l'ouvrage confine au mythe et marque les débuts de l'opéra, initiée par la création de l'Orfeo. Monteverdi devient l'acteur du passage de la musique de la Renaissance à la musique baroque, car sa musique dépeint les mots comme si on mettait les sentiments à nu (Roger Tellart).
Pour les historiens, la perte de la partition n'est pas surprenante, car les manuscrits sont fragiles, s'effacent, les copies qui étaient trop chères à réaliser sont inexistantes, de plus Mantoue est pillée en 1630 par l'empereur Ferdinand III ; la bibliothèque du duché est brûlée. Nous ne possédons que le Lamento, car Monteverdi en avait réalisé plusieurs versions publiées pour différents styles : une pour l'Eglise en particulier. Les musicologues considèrent que l'Arianna est le chaînon manquant au regard des dernières œuvres de Monteverdi. L'espoir est toujours grand de retrouver une copie dans le grenier d'un palais, dans le fond d'un tiroir d'une grande bibliothèque, et si c'était le cas, en priant que le reste de l'oeuvre soit à l'aune du Lamento.
Le Magazine, n°410, le 27 juillet 2019
Les 100 romans
Le Monde a publié fin juin un inventaire de romans à lire impérativement; bien sûr en l'état la subjectivité est assumée car le choix est soumis à une censure impérative et à un besoin d'enthousiasme pour le livre. On y trouve les classiques des années 40, des années 50 comme Mauriac, Gracq, Greene, Bonjour tristesse de Sagan. Les années 60 consacrent Le maître et Marguerite de Boulgakov, livre éminemment politique où le diable débarque à Moscou dans les années 30. Les années 70 voient apparaître L'archipel du goulag de Soljenitsyne, les années 80 consacrent Le nom de la rose d'Eco, L'amant de Duras. Houellebecq déboule en 98 avec Les particules élémentaires, une analyse terrible de la libido. Les bienveillantes en 2000. En 2013 paraît Le chardonneret de Donna Tartt qui obtient les faveurs des critiques. "La beauté d'une liste, c'est sa puissance d'affirmation" selon Tiphaine Samoyault.
Le Monde, Les 100 romans du Monde.
Le cerveau qui dit oui

Le Monde Science et Médecine a publié un article le 5 juin sur un livre qui vient de paraître intitulé Le cerveau du oui, accessible principalement aux parents en quête de compréhension des réactions de leurs enfants. Le cerveau du oui correspond à quatre compétences qu'il est important de développer : l'équilibre des émotions, la résilience, l'introspection et l'empathie. Il va sans dire que ce cerveau est opposé à celui du non qui mobilise des zones primitives révélant l'impulsivité, l'agressivité, la fuite. Dans ces cas-là, le rôle des parents est fondamental pour que demain leurs enfants deviennent des adultes épanouis pour affronter les défis de la vie.
Le Monde, Science et Médecine, le 5 juin 2019.
21 août 1849

A quelques jours des élections européennes, Le Monde a cru bon de publier le discours de Victor Hugo prononcé le 21 août 1849 au Congrès des amis de la paix universelle. Ce discours est saisissant de clairvoyance, de force, de concision et de lyrisme. Des Trois Glorieuses, des printemps des peuples de 1848, des révolutions, l'Europe est traversée par une montée des nationalismes sur un continent morcelé par les guerres napoléoniennes et le congrès de Vienne. Que nous dit Hugo? Il nous dit simplement qu'il est temps pour la paix universelle de régner sur le continent avec comme arbitre la médiation et non la guerre. Il poursuit avec une vision prophétique de ce que sera le développement économique de l'Europe et surtout il fustige les sommes colossales allouées à la guerre et non pour les redistribuer à la paix, car pour lui ce qui s’évanouit avec la misère, ce sont les révolutions. Il est clair pour lui, que seul l'effort de tous vers le bien-être commun conduit inévitablement à la concorde universelle. Sa clairvoyance est si nette qu'il a déjà compris ce point noir ; on a vu les guerres qui ne venaient pas et l'on a vu les révolutions qui arrivaient. Son but est d'éteindre la misère au-dedans et éteindre les guerres au-dehors. Il dit en conclusion à tous les peuples de notre continent : "Vous êtes frères!"
Le Monde, Idées, article du 19 mai 2019
La retraite des auto-entrepreneurs
Dans la cacophonie actuelle des retraites, je vous invite à lire cet article paru dans Le Monde.
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