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essais

Le livre de la description des pays

17 Mars 2020 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Essais

Gilles Le Bouvier a publié un ouvrage au milieu du XVe siècle compilant le savoir géographique de son temps, permettant de repérer l'idée que se faisaient ses contemporains de la représentation de la France. Il est vrai que la notion du voyage a évolué, passant d'un espace-durée ( 22 jours de long sur 16 de large ) à un espace-itinéraire tel que nous le pratiquons aujourd'hui, sublimé en quelque sorte par le GPS. Gilles Le Bouvier déduit de la France une forme en losange avec pour pour points extrêmes L’Écluse en Flandre, la Pointe Saint-Mathieu en Bretagne, Saint-Jean-Pied-de-Port et Lyon. En fait imaginer son pays répond à des schémas mentaux qui vont de lignes itinéraires à partir d'un point, puis à l'énoncé de limites, puis à la surface mentale comme l'écrivait Le Bouvier, pour arriver à nos schémas complexes tels que nous les connaissons aujourd’hui, décrivant l'espace et le découpage en régions.

Gilles Le Bouvier, Le livre de la description des pays, éd. Nabu Press, 289 p., 22,67 €

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SNML

11 Mars 2020 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Essais

Derrière cet acronyme se cache un livre écrit en 1610 par Galilée intitulé Sidereus Nuncius Magna Longeque Amirabilia dans lequel il décrit ses premières observations de la Lune prouvant que la Terre n'est pas au centre de l'Univers, qu'elle tourne autour du Soleil, ce qui lui valut une condamnation par l'Inquisition en 1633. Or ce livre est un faux manifeste, expertisé comme tel après de multiples analyses chimiques, physiques, techniques, qui a été conçu et réalisé par Massimo De Caro, condamné en 2013 pour vol dans la bibliothèque de Naples qu'il dirigeait. Bien sûr la communauté scientifique est sous le choc, à part Nick Wilding, un professeur américain d'histoire de l'art qui avait subodoré la supercherie très audacieuse et très convaincante, car les techniques utilisées par le faussaire sont remarquables d'ingéniosité. Certains estiment que De Caro aurait voulu se moquer de la communauté des experts, d'autres pensent qu'il n'est rien d'autre qu'un piètre voleur. Curieusement cette histoire me rappelle sur quelques points l'adagio d'Albinoni, un vrai-faux écrit par Giazzotto dans les années 50 : un inconnu s'emparant de la production de grands éclairés.

Horst Bredekamp, Anatomie d'une contrefaçon, éd. Zones Sensibles, 128 p., 23,00 €

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La dynamique du capitalisme

3 Octobre 2019 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Essais

Fernand Braudel dans une série de trois conférences, tente de définir et d'expliquer l'apparition et les mécanismes du capitalisme par la conception très simple de l'économie-monde qui présente une structure particulière : autour d'un centre accumulant richesses, pouvoir, savoir se distinguent des zones concentriques et périphériques qui au fur et à mesure de leur éloignement sont de moins en moins riches. Mutatis mutandis, il présente les grands négociants, banquiers, politiques, suivis des marchands et enfin les économies de subsistance. Le capitalisme est donc le point central de ce système qui comme un soleil fait graviter autour de lui des planètes de plus en plus froides.

Fernand Braudel, La dynamique du capitalisme, éd. Champs Flammarion, 121 p. 7,00 €

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L'énigme du temps : vers une philosophie du sablier

29 Juillet 2019 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Essais

L'auteur nous propose de réfléchir sur cette énigme et les questions kantiennes posées sur le d'où venons-nous et où allons-nous ? nous permettant ainsi de méditer sur la place de l'homme dans l'univers. Dès les débuts de l'humanité, les hommes ont observé avec justesse et précision le rôle cyclique du temps qui passe, leur permettant ainsi, dans une optique pragmatique de cadencer la vie dans la cité et de prévoir avec justesse le retour des moissons (la civilisation égyptienne et l'observation du retour de Sirius sur l'horizon en est une illustration parfaite). Il s'agissait donc de rentabiliser les effets du temps. Mais la conscience universelle a permis chez l'homme de découper le temps en trois phases que sont le passé, le présent et le futur et c'est à partir de là que l'angoisse intérieure est apparue, en particulier celle de la mort qui est la seule vraie finitude de tous les hommes. Seulement des sages parviennent à dépasser ces troubles en privilégiant l'instant en train d'être vécu, source de joie et de créativité. D'autres appréhendent le temps initiatique, celui qui fait mourir le vieil homme, qui fait renaître la conscience et qui permet d'oublier les démons intérieurs.

Laurence Vanin, L'énigme du temps, éd. Detrad, 209 p. 15,00 €

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Le sacré et le profane

5 Septembre 2018 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Essais

Dans cet essai, Mircea Eliade prend le parti de poser le postulat que le sacré s'oppose au profane et que cette distinction radicale s'applique à l'homo religiosus et à l'homme areligieux et en conséquence aux univers des sociétés primitives et de nos sociétés modernes. Le sacré, dès l'aube de l'humanité a imprégné l'homme qui en contemplant la voûte céleste a compris que les dieux avaient créé l'univers. Dès lors, il a s'agi pour l'homo religiosius de s'élever et de toucher au firmament en recréant l'espace sacré et en sacralisant le monde qui l'entourait, par exemple dans la construction des habitations, le poteau central possédait une fonction magique, ineffable, puisque l'arbre originel était ainsi recréé. Les mythes étaient ainsi nés, le temps devint sacré, car cet homme religieux comprit la boucle du temps, son cycle perpétuel, le rôle de la lune et du soleil devenant primordial. Le cosmos devint ainsi sacré, la vie un cycle fait de naissance, de mort et de renaissance. Dans l'initiation, le symbolisme de la mort côtoie inévitablement la Mort qui n'est qu'une partie de la vie, et cette mort signifie le dépassement de la condition profane. Le mystère de l'initiation découvre peu à peu les vraies conditions de l'existence et oblige le profane à quitter ses vêtements de vieil homme et d'assumer sa responsabilité d'homme. Mircea Eliade dénonce dans cet ouvrage l'homme moderne, areligieux, qui dénonce le sacré, les mythes, mais qui dans son existence de tous les jours ne fait que redécouvrir une partie du sacré dans certains actes de la vie profane ; une nouvelle maison, le mariage, un nouveau métier. En fait, c'est grâce aux symboles que l'homme sort de sa situation particulière, étriquée, et s'ouvre vers le général et l'universel. Les symboles ont pour but d'éveiller l'expérience individuelle, de la transmuer en acte spirituel et de saisir la métaphysique du Monde. 

Mircea Eliade, Le sacré et le profane, éd Folio, 185 p, 6,60 €

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Zola vu par d'Ormesson

31 Janvier 2018 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Essais

Etant un passionné de l'oeuvre de Zola, notamment la fresque des Rougon-Macquart, je voulais savoir ce que pensait Jean d'Ormesson du romancier. Après avoir présenté la jeunesse de Zola à Aix, son amitié avec Cézanne, ses difficultés à Paris où il considère qu'être pauvre à Paris, c'est être pauvre deux fois, d'Ormesson montre la force de caractère de Zola, sa passion viscérale pour les théories du milieu, de la génétique, de l'expérimentation biologique. Zola veut peindre en effet des bonhommes physiologiques évoluant sous l'influence des milieux. Bien sûr, il s'attire les foudres des milieux conservateurs, mais aussi d'écrivains comme Nietzsche qui, à l'occasion d'un texte écrit de manière brutale, estime que "Zola a le plaisir de puer". Mais Zola possède la fougue du journaliste, l'expérience politique et sociale, un souffle épique qui se révéleront dans son épopée physiologique et sociale du cycle en vingt volumes des Rougon-Macquart.

Jean d'Ormesson, Œuvres choisies, Une autre histoire de la littérature française II, éd Bouquins, 1344 p, 31 €

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La convergence des consciences

30 Janvier 2018 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Essais

Pierre Teilhard de Chardin écrivait : "Tout ce qui monte converge". Pierre Rabhi assure qu'il en est de même pour nos consciences. Il est temps pour l'homme de prendre conscience que l'Humanité court tout droit à la catastrophe à cause principalement d'une économie qui s'essouffle et dont le modèle est déjà périmé. Pierre Rabhi veut mettre l'Homme au centre de toutes choses, au centre de notre univers, car seul l'Homme est digne d'intérêt dans un monde qu'il souhaite apaisé. Pierre Rabhi livre au lecteur une série de réflexions personnelles sous forme d'abécédaire dans lesquelles on perçoit l'humaniste engagé. A lire pour découvrir la personnalité de ce prophète en salopette.

Pierre Rabhi, La convergence des consciences, éd Babel, 198 p, 17,90 €

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Géopolitique du moustique

27 Juin 2017 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Essais

Erik Orsenna, son oeil qui frise, sa truculence, sa naïveté constructive livre son quatrième précis de mondialisation autour du moustique. Cet animal terreur de nos nuits, terreur des régions tropicales et subtropicales, car vecteur de virus, est apparu il y a 400 millions d'années. Autant dire que les diverses mutations de son patrimoine génétique en font un animal d'une souplesse d'adaptation hors du commun dont le seul objectif est de sucer le sang des mammifères pour assurer sa descendance. Il apparaît grosso modo quatre générations d'hommes dans un siècle, alors que le moustique en est à sept cents. Nous sommes battus à plate couture pour l'amélioration des gènes. L'enjeu majeur de santé publique et mondiale est de s'en débarrasser pour éviter la propagation de maladies infectieuses comme la dengue, le paludisme, la fièvre jaune, et autres. Il existe différentes méthodes, mais le maître mot n'est pas d'éradiquer l'espèce, car la Nature a horreur du vide, mais de se protéger de toutes les manières possibles. Cependant la dernière méthode qui consiste au forçage génétique ne convainc pas tous les scientifiques, car le risque est de créer des monstres encore pire que ceux que nous connaissons. Bref, le chemin est long, surtout s'il est question de ne pas violer la Nature.

Erik Orsenna, Géopolitique du moustique, éd Fayard, 279 p, 19 €

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Dans le jardin des mots

18 Août 2014 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Essais

La regrettée Jacqueline de Romilly, de l'Académie française, avait publié début 2000 des chroniques à l'intention du magazine Santé magazine. Son but était fort simple : nous rendre éperdument amoureux de notre belle langue, la protéger, la faire rayonner. La maison d'édition de Fallois avait décidé en 2007 de réunir et de publier ses chroniques en un seul tome. Ce jardin des mots est devenu ainsi un paysage aimé. Pour contribuer à cette réussite, Jacqueline de Romilly utilise un triptyque fort simple : employer les mots correctement, ensuite les reconnaître dans leur histoire même, et enfin percevoir toutes les résonances poétiques qu'ils peuvent susciter. La mission est si bien réussie qu'il serait presque oeuvre d'éducation d'en recommander la lecture aux collégiens et aux lycéens, car comme l'auteur le rappelle, le langage est un instrument de précision, et l'instrument même de notre pensée.

Jacqueline de Romilly, Dans le jardin des mots, éd de Fallois, 311p

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L'esprit de l'athéisme

3 Juin 2014 , Rédigé par Christophe DOSTA Publié dans #Essais

André Comte-Sponville signe dans cet ouvrage un véritable plaidoyer pour le droit au doute. Il considère qu'on peut se passer de religion, mais pas de communion, ni de fidélité, ni d'amour. En effet, la vie est plus précieuse que la religion, la fidélité plus importante que la foi, et l'amour plus précieux que l'espoir ou le désespoir. Il revendique alors son droit de ne pas croire en Dieu en exposant six arguments irréfutables et quantifiables. Les prétendues preuves de son existence sont très faibles. S'il existait, notre expérience commune nous amènerait à le sentir plus près de nous. Le troisième argument, plus scientifique, réside dans le fait qu'on ne peut expliquer clairement ce qu'on ne comprend pas. Le mal occupe un espace démesuré et enfin, nous pouvons constater sans problème, que malheureusement, l'Homme est d'une médiocrité incommensurable.

Il est temps alors, devant les périls qui se profilent à l'horizon de résister au fanatisme qui se nourrit exclusivement de dogmatisme et de terrorisme. Nos armes contre cette double faute morale contre l'intelligence et la liberté sont la démocratie et la liberté de conscience. Sur ce dernier point, la laïcité permet aussi bien de protéger la religion que l'irreligion qui sont des droits.

En guise de conclusion, l'auteur revient sur la notion de fidélité qui se décline en trois séquences:la fidélité au vrai qui s'exprime dans le rationalisme, la fidélité à l'amour qui n'est rien d'autre que l'humanisme et la fidélité à leur séparation dont le moteur est l'athéisme.

"C'est l'amour, non l'espérance, qui fait vivre. C'est la vérité, non la foi, qui libère."

André Comte-Sponville, L'esprit de l'athéisme, éd Albin Michel, 219 p,

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