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Articles avec #essais

Erik Orsenna, son oeil qui frise, sa truculence, sa naïveté constructive livre son quatrième précis de mondialisation autour du moustique. Cet animal terreur de nos nuits, terreur des régions tropicales et subtropicales, car vecteur de virus, est apparu il y a 400 millions d'années. Autant dire que les diverses mutations de son patrimoine génétique en font un animal d'une souplesse d'adaptation hors du commun dont le seul objectif est de sucer le sang des mammifères pour assurer sa descendance. Il apparaît grosso modo quatre générations d'hommes dans un siècle, alors que le moustique en est à sept cents. Nous sommes battus à plate couture pour l'amélioration des gènes. L'enjeu majeur de santé publique et mondiale est de s'en débarrasser pour éviter la propagation de maladies infectieuses comme la dengue, le paludisme, la fièvre jaune, et autres. Il existe différentes méthodes, mais le maître mot n'est pas d'éradiquer l'espèce, car la Nature a horreur du vide, mais de se protéger de toutes les manières possibles. Cependant la dernière méthode qui consiste au forçage génétique ne convainc pas tous les scientifiques, car le risque est de créer des monstres encore pire que ceux que nous connaissons. Bref, le chemin est long, surtout s'il est question de ne pas violer la Nature.

Erik Orsenna, Géopolitique du moustique, éd Fayard, 279 p, 19 €

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Published by Christophe DOSTA - - Essais

La regrettée Jacqueline de Romilly, de l'Académie française, avait publié début 2000 des chroniques à l'intention du magazine Santé magazine. Son but était fort simple : nous rendre éperdument amoureux de notre belle langue, la protéger, la faire rayonner. La maison d'édition de Fallois avait décidé en 2007 de réunir et de publier ses chroniques en un seul tome. Ce jardin des mots est devenu ainsi un paysage aimé. Pour contribuer à cette réussite, Jacqueline de Romilly utilise un triptyque fort simple : employer les mots correctement, ensuite les reconnaître dans leur histoire même, et enfin percevoir toutes les résonances poétiques qu'ils peuvent susciter. La mission est si bien réussie qu'il serait presque oeuvre d'éducation d'en recommander la lecture aux collégiens et aux lycéens, car comme l'auteur le rappelle, le langage est un instrument de précision, et l'instrument même de notre pensée.

Jacqueline de Romilly, Dans le jardin des mots, éd de Fallois, 311p

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Published by Christophe DOSTA - - Essais

André Comte-Sponville signe dans cet ouvrage un véritable plaidoyer pour le droit au doute. Il considère qu'on peut se passer de religion, mais pas de communion, ni de fidélité, ni d'amour. En effet, la vie est plus précieuse que la religion, la fidélité plus importante que la foi, et l'amour plus précieux que l'espoir ou le désespoir. Il revendique alors son droit de ne pas croire en Dieu en exposant six arguments irréfutables et quantifiables. Les prétendues preuves de son existence sont très faibles. S'il existait, notre expérience commune nous amènerait à le sentir plus près de nous. Le troisième argument, plus scientifique, réside dans le fait qu'on ne peut expliquer clairement ce qu'on ne comprend pas. Le mal occupe un espace démesuré et enfin, nous pouvons constater sans problème, que malheureusement, l'Homme est d'une médiocrité incommensurable.

Il est temps alors, devant les périls qui se profilent à l'horizon de résister au fanatisme qui se nourrit exclusivement de dogmatisme et de terrorisme. Nos armes contre cette double faute morale contre l'intelligence et la liberté sont la démocratie et la liberté de conscience. Sur ce dernier point, la laïcité permet aussi bien de protéger la religion que l'irreligion qui sont des droits.

En guise de conclusion, l'auteur revient sur la notion de fidélité qui se décline en trois séquences:la fidélité au vrai qui s'exprime dans le rationalisme, la fidélité à l'amour qui n'est rien d'autre que l'humanisme et la fidélité à leur séparation dont le moteur est l'athéisme.

"C'est l'amour, non l'espérance, qui fait vivre. C'est la vérité, non la foi, qui libère."

André Comte-Sponville, L'esprit de l'athéisme, éd Albin Michel, 219 p,

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Published by Christophe DOSTA - - Essais

L'élection du nouveau pape me renvoie à l'ordonnance du théologien suisse Hans Küng dans son ouvrage Peut-on encore sauver l'Eglise? Hans Küng est un théologien formé à la rude école de l'Université pontificale grégorienne à Rome. Il prit part au concile Vatican II, puis lorsque l'Eglise revint sur des fondamentaux plus conservateurs, il connut la disgrâce et perdit son titre de professeur à la Faculté catholique de Tübingen. C'est donc un homme du sérail qui administre son ordonnance pour une institution moribonde et mortifère, même si sa thérapie proposée semble dérisoire ou surannée.

Le pape François Ier veut revenir aux sources de l'Evangile en pensant d'abord à l'homme, au croyant. Il sera temps pour lui et l'Eglise de reconquérir les consciences et répondre aux attentes spirituelles du XXIe siècle. Sa tache sera rude car il devra affronter les lenteurs, les réticences et les blocages de la Curie romaine.

En conclusion, l'Eglise est-elle capable d'entendre les voix les plus critiques? Je ne le crois pas. Depuis l'édit de MIlan, cette institution millénaire a toujours la même approche centralisatrice de la foi, dans un dogme et dans la lutte contre les hérésies.

Peut-on encore sauver l'Eglise? Hans Küng, éd Le Seuil, 250p, 21€

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Le métier d'écrivain...Ecrire a consisté dès le début des âges à utiliser des symboles chiffrés. Les premiers écrivains furent des comptables, tout comme les premiers bâtisseurs furent des grammairiens. Etrange, non?

De nos jours, l'activité d'écriture revêt une forme insoupçonnée. Nous écrivons notre nom dès l'école primaire, nous nous reconnaissons donc aussi en tant qu'individu dans le graphisme. Puis vient le temps de la réflexion dans les devoirs de français, de philosophie.

Puis vient le temps pour certains d'entre nous, peut-être les plus courageux ou les plus fous de prendre la plume et de découvrir et de faire découvrir leur monde intérieur. Cette activité peut devenir une thérapie, mais encore et surtout une joie indicible de se projeter vers autrui.

En conclusion, écrire procède peut-être de l'idée que nous ne sommes pas seuls.

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Published by Christophe DOSTA - - Essais

Je suis tombé par hasard sur ce joli petit ouvrage construit comme un dialogue entre l'auteur Michel Pastoureau, historien et anthropologue et Dominique Simonnet, écrivain.

La palette des couleurs est constituée de six tons, le bleu, le rouge,le blanc, le vert, le jaune et le noir.

Pour l'auteur les autres couleurs ne sont que des nuances. Chacun de ces tons principaux serait porteur d'une identité propre. Le bleu serait le passe-partout, le rouge le fou,le blanc le pur, le vert l'instable, le jaune le maudit et le noir l'élégant.

A l'issue de l'entretien, la conclusion qui s'impose et qu'une "couleur n'existe que parce qu'on la regarde. Elle n'est en somme qu'une pure production de l'homme." Pour Goethe, "une couleur que personne ne regarde n'existe pas", idée qui a séduit l'auteur. Goethe ajoute:"Une robe rouge est-elle encore rouge lorsque personne ne la regarde?"

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Published by Christophe DOSTA - - Essais

Forcé de rester avec mon fils autiste opéré d'une péritonite, j'ai lu avec rage trois livres en cinq jours, enfermés tous deux dans une chambre de l'hôpital Saint-Eloi à Montpellier.

Le premier est L'île sous la mer d'Isabel Allende. Isabel possède l'art d'écrire avec du parfum, avec une superbe palette de couleurs. Si vous voulez en savoir plus sur l'esclavage à Saint-Domingue, lisez sans modération. Cette île sous la mer est aussi une île au-dessus des flots.

Le deuxième est HHhH de Laurent Binet. Ici, l'auteur démonte avec une précision de chirurgien l'attentat de 1942 qui mit fin aux atrocités de Heydrich en Bohème Moravie. Mais il s'interroge toujours sur le rôle du romancier face aux vérités historiques. Que dois-je dire, ne pas dire? Dois-je romancer ou rester le plus près des faits bruts? L'écrivain doit-il rester soumis à l'Histoire ou non et évoquer ainsi ses propres sentiments ou ressentiments?

Le troisième est le dernier Gaudé Avec pour seul cortège aux éditions Actes Sud. Là, c'est le vent qui soufflerait depuis les terres de la Macédoine jusqu'aux plaines de l'Indus. Gaudé possède cet art consommé de laisser des points d'interrogation tout le long de son roman, dans un style inimitable, presque félin. Un chef-d'oeuvre, un de plus.

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Published by Christophe DOSTA - - Essais

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