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Je relis avec beaucoup d'intérêt cette pièce dramatique de Molière, aux confins de la tragi-comédie et je me pose dès lors ces questions : Dom Juan est-il un impie ou a-t-il une si haute considération de l'Homme qu'il en oublie par là-même les fondements de la Morale? Veut-il défier le Ciel ou veut-il vivre si fort sa vie d'Homme qu'il en oublie son prochain? Et surtout, qui est Sganarelle? Sa conscience? Ou son ego, double vil et lâche?

Dom Juan est évidemment un mythe : celui du héros qui perd tout, celui du joueur qui parie contre la Mort, pari perdu d'avance comme le disait déjà Pascal des libertins dans ses Pensées.

Alors, dans ces conditions tourmentées, il ne peut se repentir, car s'il venait à se repentir, il se renierait et cela Dom Juan ne peut le concevoir, tant son orgueil est à la mesure du personnage : incommensurable.

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Published by Christophe DOSTA - - Théâtre

Dan Brown travaille ses romans comme un artisan qui tente de présenter sa plus belle production à ses clients: vraisemblance des situations, cours d'histoire, présentation des lieux, personnages bien campés.

L'Enfer de Dante Alighieri sert de trame à ce polar scientifique, centré sur le monde de la génétique, matière qui fascine et qui inquiète. Robert Langdon, le symbologue cher à l'auteur, est en possession d'un message codé imaginé par un génie de la génétique. Il comprend vite que notre monde est en danger. Ce roman, fertile en rebondissements tient en haleine l'auteur et même si la fin est un peu convenue, le lecteur adhère à cette histoire qui évoque un des malheurs terrifiants de notre monde : la surpopulation.

Dan Brown, Inferno, éd JC Lattès, 22,90 €

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Published by Christophe DOSTA - - Thrillers

Eros et Thanatos en Basse-Bretagne. Hélène, jolie jeune fille illettré, sauvage, inculte, mais non dénuée d'humour noir entreprend de régler leur compte à des personnes, non pas par vengeance, par cupidité, ou par jalousie, mais bien parce qu'elle se croit investie d'une mission donnée par l'Ankou, personnification de la mort à la faux retournée. Dans cette Bretagne du milieu du XIXe siècle, habitée par les superstitions, le folklore celtique, Alain Teulé nous livre le portrait d'une tueuse en série qui donne une explication qui lui appartient et qui renvoie aux poubelles de l'Histoire la théorie phrénologique du tueur-né; "Je ne disculpe, ni n'accuse, j'explique... Les peurs de mes parents m'ont tellement fait peur! Ils m'ont donné leur peur et le sol a vacillé... Quand les parents sont tétanisés par une peur, ils ne protègent pas..."

Editions JULLIARD 20€

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Published by Christophe DOSTA - - Thrillers

Délicieuse Lucile au "sourire obscur" et à la beauté magnétique. Le portrait que fait Delphine de Vigan de sa mère, de la mythologie de sa famille est à la fois troublant, émouvant et d'une vitalité hors normes. L'auteur écrit cette biographie comme si les souvenirs se bousculaient, comme si sa mère Lucile avait murmuré sa vie et que sa fille Delphine ne voulait surtout pas perdre un souffle de cette mère chérie, cette mère discrète, ultra sensible et d'une intelligence rare et raffinée.

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Published by Christophe DOSTA - - Romans

Ou comment la connaissance peut-elle soumettre un peuple enclin aux superstitions?

"Christophe Colomb avait à bord un exemplaire des Ephémérides de Regiomontanus, imprimé à Nuremberg vers 1490, qui prédisait les éclipses à venir pour les trente prochaines années. Il découvrit qu'une éclipse totale allait se produire dans les trois jours, le 29 février 1504. Il fit donc venir les chefs locaux et leur dit que son Dieu au ciel était fâché contre eux parce qu'ils avaient refusé de leur donner de la nourriture. Il leur expliqua que la lune allait se lever sanguine et enflammée cette nuit-là. puis que la lune allait disparaître. Bien entendu, c'est ce qui arriva également. Les Tainos furent pris de panique et demandèrent à Colomb de faire cesser cette calamité" (p 240).

Par-delà la fiction, cette phrase tirée du livre de Steve Berry révèle en quelque sorte le pouvoir du nombre sur les croyances, le pouvoir de l'homme qui détient la vérité mathématique, la suprématie de la Raison sur les vieille lunes. Malheureusement, elle démontre aussi que la science peut emprunter des chemins pervers quand elle a pour vocation à asservir autrui et à lui ôter tout sens de la critique dès lors qu'elle sert exclusivement à infléchir ou à faire disparaître son libre arbitre ou sa capacité à juger en toute connaissance de cause.

Ce roman a surtout l'ambition de décrire l'identité supposée ou réelle de Christophe Colomb. Qui était-il ? A cette question, la réponse est : Qui voulez-vous qu'il soit?

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Published by Christophe DOSTA - - Romans historiques

Dans ce roman historique, l'auteur Metin Arditi pose une énigme picturale troublante : se pourrait-il qu'un tableau de Titien intitulé L'homme au gant soit en partie réalisé par un de ses élèves au génie flamboyant qu'on appelait le Turquetto, un homme à la mémoire visuelle prodigieuse ? Elie, c'est son nom, né de parents juifs à Constantinople vers 1519, a un père, employé du marché aux esclaves. A la suite d'une affaire louche, Elie part se réfugier à Venise, sous un faux nom et travaille pour Titien. Il acquiert plus tard gloire et renommée, travaille même pour l'Eglise, mais les autorités apprenant sa relation scandaleuse avec une patricienne, il est jugé par les tribunaux ecclésiastiques.

Ce livre, qui rappelle par certains aspects Le nez de Patrick Susskind, dépeint un début de Renaissance riche, coloré, foisonnant d'idées multiples et de personnages haut en couleurs.

Metin Arditi, Le Turquetto, éd ACTES SUD 19,50€

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Published by Christophe DOSTA - - Romans historiques

L'élection du nouveau pape me renvoie à l'ordonnance du théologien suisse Hans Küng dans son ouvrage Peut-on encore sauver l'Eglise? Hans Küng est un théologien formé à la rude école de l'Université pontificale grégorienne à Rome. Il prit part au concile Vatican II, puis lorsque l'Eglise revint sur des fondamentaux plus conservateurs, il connut la disgrâce et perdit son titre de professeur à la Faculté catholique de Tübingen. C'est donc un homme du sérail qui administre son ordonnance pour une institution moribonde et mortifère, même si sa thérapie proposée semble dérisoire ou surannée.

Le pape François Ier veut revenir aux sources de l'Evangile en pensant d'abord à l'homme, au croyant. Il sera temps pour lui et l'Eglise de reconquérir les consciences et répondre aux attentes spirituelles du XXIe siècle. Sa tache sera rude car il devra affronter les lenteurs, les réticences et les blocages de la Curie romaine.

En conclusion, l'Eglise est-elle capable d'entendre les voix les plus critiques? Je ne le crois pas. Depuis l'édit de MIlan, cette institution millénaire a toujours la même approche centralisatrice de la foi, dans un dogme et dans la lutte contre les hérésies.

Peut-on encore sauver l'Eglise? Hans Küng, éd Le Seuil, 250p, 21€

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Published by Christophe DOSTA - - Essais

Le métier d'écrivain...Ecrire a consisté dès le début des âges à utiliser des symboles chiffrés. Les premiers écrivains furent des comptables, tout comme les premiers bâtisseurs furent des grammairiens. Etrange, non?

De nos jours, l'activité d'écriture revêt une forme insoupçonnée. Nous écrivons notre nom dès l'école primaire, nous nous reconnaissons donc aussi en tant qu'individu dans le graphisme. Puis vient le temps de la réflexion dans les devoirs de français, de philosophie.

Puis vient le temps pour certains d'entre nous, peut-être les plus courageux ou les plus fous de prendre la plume et de découvrir et de faire découvrir leur monde intérieur. Cette activité peut devenir une thérapie, mais encore et surtout une joie indicible de se projeter vers autrui.

En conclusion, écrire procède peut-être de l'idée que nous ne sommes pas seuls.

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Published by Christophe DOSTA - - Essais

Dans ce roman historique, François Taillandier nous plonge au VIe siècle après J.-C. au moment de la déposition du dernier empereur d'Occident à Rome. Nous sommes dès ce moment-là sur une ligne de fracture entre l'Antiquité et cette nouvelle ère qui commence et qui est aussi la nôtre.

Un homme politique romain, Cassiodore a pour obsession de construire un monastère, un rempart contre l'ignorance, où des copistes " transmettraient les connaissances, les pensées, les créations de hommes depuis qu'il y avait des hommes";

Cette tâche, il le sait, sera difficile à mener à bien, car les nouveaux maîtres de Ravenne règnent sur des temps difficiles, et les troubles politiques et militaires sont immenses.

Quarante ans plus tard, Léandre, évêque d'Hispalis (Séville aujourd'hui) se demande comment trouver les ressources pour continuer l'oeuvre de Cassiodore, comment ne pas perdre la foi, alors même que l'époque vit des moments encore plus difficiles, à cause de la puissance tutélaire de Constantinople, des conflits incessants entre Goths, Wisigoths, Francs, des querelles doctrinales sur la nature du Christ.

François Taillandier a le sentiment que l'homme au-delà de ces luttes, n'a qu'un désir, celui de vivre dans la dignité.

L'auteur évoque Théolinda, reine des Lombards, qui s'efforcera de pacifier les royaumes d'Italie. Le pape Grégoire le Grand, qui s'émancipe du contrôle de Constantinople, porte l'espoir de voir une civilisation ravivée, rénovée et pacifiée, en se tournant résolument vers les Barbares d'Occident. Malheureusement, tout s'écroulera avec eux, sur une longue nuit. Les copistes continueront malgré tout à copier les oeuvres du passé...

Ce roman, L'écriture du monde est le premier volume d'un cycle qui aura pour but de démontrer tout à la fois la vitalité des civilisations et leur fragilité.

Editions STOCK, 288p, 19 €

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Published by Christophe DOSTA - - Romans historiques

Je suis tombé par hasard sur ce joli petit ouvrage construit comme un dialogue entre l'auteur Michel Pastoureau, historien et anthropologue et Dominique Simonnet, écrivain.

La palette des couleurs est constituée de six tons, le bleu, le rouge,le blanc, le vert, le jaune et le noir.

Pour l'auteur les autres couleurs ne sont que des nuances. Chacun de ces tons principaux serait porteur d'une identité propre. Le bleu serait le passe-partout, le rouge le fou,le blanc le pur, le vert l'instable, le jaune le maudit et le noir l'élégant.

A l'issue de l'entretien, la conclusion qui s'impose et qu'une "couleur n'existe que parce qu'on la regarde. Elle n'est en somme qu'une pure production de l'homme." Pour Goethe, "une couleur que personne ne regarde n'existe pas", idée qui a séduit l'auteur. Goethe ajoute:"Une robe rouge est-elle encore rouge lorsque personne ne la regarde?"

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Published by Christophe DOSTA - - Essais

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