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leconcertduroi.overblog.com

Pierre Lemaître réussit un coup de maître en publiant son roman Au-revoir là-haut sur une période aussi sombre que le conflit lui-même de 1914-1918, celle du retour des poilus dans leurs foyers. Deux d'entre eux sortent miraculeusement de leur trou d'obus, mais un des rescapés est affreusement mutilé et sera dès lors une "gueule cassée". S'ensuit alors pour lui un difficile voire impossible cheminement et retour vers la vie civile, aidé en cela par son compagnon d'infortune qu'il a sauvé. Tout les oppose. Edouard, la gueule cassée est issu d'une très grande famille bourgeoise dont le père a réussi dans les affaires. Ce père castrateur ne comprend pas les goûts étranges de son fils surdoué pour le dessin et son penchant pour la provocation. Albert, quant à lui est un être timide, maladif, peu porté sur l'action et qui lui aussi a vécu sous l'autorité d'une mère autoritaire, dans un foyer très modeste.

Puis au fil du temps, et au fil de leur fraternité quotidienne, Edouard échafaudera une escroquerie monumentale à portée nationale. Albert sera ses yeux, sa voix, ses jambes et ses bras.

Ce roman combine astucieusement deux escroqueries car dans le même temps leur lieutenant de tranchée grugera l'Etat en montant un projet odieux et malsain d'exhumation des cadavres, afin de leur donner des sépultures plus dignes. Ce scandale ébranlera fortement le gouvernement en place dès 1920, et la "chambre bleu horizon".

Pierre Lemaître pose avec force le délicat problème du retour des soldats à la vie civile et surtout il met en exergue cette omniprésence de la Mort après la Première guerre mondiale et la réinsertion douloureuse, voire inexistante des grands blessés de guerre aussi bien physiques que psychologiques auprès des leurs.

Son roman réunit de plus tous les ingrédients d'un très bon polar.

Au-revoir là-haut. Pierre Lemaître, éd Albin Michel, 566 p, 22,50€

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Published by Christophe DOSTA - - Romans

Autant j'ai une véritable admiration pour son Chat, autant je serais un peu plus circonspect sur le style de Geluck quand il entreprend "d'écrire" un texte.Même si quelques vérités ne sont pas bonnes à dire, je dois pourtant reconnaître que de ci de là cohabitent des évidences drôles ou moins drôles qu'il convient de révéler au public.

Par exemple, Geluck nous dit au sujet des beaux garçons qui emballaient les jolies filles croisées dans les boums que "les dés étaient toujours pipés et lui jamais"

Autre chose beaucoup plus sérieuse: "Peut-on rire des Juifs? On ne peut pas rire d'eux, si c'est de l'antisémitisme"

Et trouver la frontière est un vrai débat.

Philippe Geluck "Peut-on rire de tout?" éd JC Lattès 157p, 10€

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Published by Christophe DOSTA - - Loisirs

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