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leconcertduroi.overblog.com

Quand un homme atteint de satyriasis rencontre une nymphomane, ce ne peut être que Hiroshima "ma amour".

Il s'agit bien des amours fusionnelles d'Abélard et d'Héloïse racontées par Jean Teulé qui nous promène dans un Moyen-Age alerte, pas guindé, haut en couleurs, où un chat s'appelle un chat, même au féminin. La prose de l'auteur est vive, jamais obscène, drôle avec les emprunts de vocabulaire et de syntaxe propres au XXIe siècle. On peut distinguer trois parties dans son texte: la rencontre charnelle, obsessionnelle, à caractère X, des deux amants, leur retraite dans des couvents après leur mariage, mais au corps défendant d'Héloïse (qui devint malgré tout abbesse du Paraclet), une réclusion voulue par Abélard après sa castration mise à exécution par des voyous payés par l'oncle d'Héloïse, et enfin la longue déchéance physique et morale de "l'émasculé". Nous découvrons les échanges épistolaires de très grande qualité entre les deux amants, la haine farouche que vouait Bernard de Clairvaux à l'encontre d'Abélard qui fut condamné à l'exil et ses livres promis aux autodafés, mais aussi la protection que lui accorda Pierre, le vénérable de l'abbaye de Cluny. Si Abélard, un des plus grands professeurs du XIIe siècle devint un "cul béni", Héloïse, sans doute une intellectuelle surdouée, resta une passionnée charnelle et laïque.

Aujourd'hui tous deux reposent ensemble au cimetière du Père-Lachaise.

Jean Teulé, Héloïse, ouille! éd. Julliard, 336 p, 20 €

Published by Christophe DOSTA - - Romans historiques

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